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Kinshasa brûle : qui viendra éteindre le prochain incendie ?

29 minutes ago
in Société
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Kinshasa brûle : qui viendra éteindre le prochain incendie ?
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Panacée, Saint-Pierre, Bonne Auberge, Barumbu… En quelques jours, les flammes se sont invitées dans plusieurs coins de la capitale. Derrière ces incendies, une inquiétude grandit : Kinshasa est-elle réellement capable de sauver ses habitants lorsqu’un bâtiment prend feu ? Et si le véritable incendie n’était pas seulement celui qui consume les bâtiments, mais celui qui révèle les failles de notre système de sécurité ?

Depuis plusieurs jours, Kinshasa semble vivre au rythme des flammes. Une salle de fêtes, une école, une autre salle de fêtes, puis une habitation. Des lieux différents, des circonstances qui restent à établir, mais une même inquiétude : à quel moment les secours arrivent-ils ? Avec quels moyens ? Le drame de la salle Panacée, à Lingwala, a brutalement rappelé que quelques minutes peuvent séparer un incendie maîtrisable d’une catastrophe humaine. Et pourtant, quelques jours après ce drame, les incendies continuent.

Quand le feu devient plus rapide que les secours

Dans une ville aussi vaste et dense que Kinshasa, combattre un incendie ne consiste pas simplement à disposer de quelques camions. Il faut pouvoir les faire arriver vite. Or, entre les embouteillages, les routes impraticables, les rues étroites, les constructions anarchiques et l’occupation des voies publiques, certains quartiers peuvent devenir de véritables pièges pour les véhicules de secours.

Un camion peut-il atteindre rapidement une maison en feu à Barumbu ? Une école en flammes à Kinshasa ? Une salle de fêtes à Limete ? Et lorsqu’il arrive, dispose-t-il encore de l’eau, du matériel et des équipements nécessaires ? Voilà le cœur du problème. Le débat sur les moyens anti-incendie ne devrait donc pas se limiter à compter les camions. Il faut savoir combien sont disponibles, combien fonctionnent réellement, où ils sont stationnés et quel est leur délai moyen d’intervention.

Les Kinois, premiers pompiers ?

Dans plusieurs quartiers, lorsqu’un incendie éclate, ce sont d’abord les voisins qui accourent. On sort des seaux. On cherche de l’eau. On tente de casser une porte. On évacue les enfants et les biens. Pendant ce temps, le feu gagne du terrain. Cette réalité pose une question dérangeante : dans certaines zones de Kinshasa, la population est-elle devenue le premier dispositif d’urgence ?

Le courage des voisins ne peut évidemment pas remplacer un service professionnel de lutte contre les incendies. Un incendie peut produire des fumées toxiques, provoquer des explosions, faire s’effondrer un bâtiment ou se propager en quelques minutes. Intervenir sans équipement adapté peut transformer les sauveteurs improvisés en nouvelles victimes.

Électricité : le suspect permanent

À chaque incendie, le même nom revient dans les conversations : SNEL. Les habitants évoquent les coupures, les variations de tension et les rétablissements brusques de l’électricité. Mais une prudence s’impose : tous les incendies ne sont pas nécessairement d’origine électrique. La seule manière de le déterminer reste l’expertise technique.

Mais cette suspicion persistante doit tout de même interpeller. Les installations électriques des bâtiments sont-elles régulièrement contrôlées ? Les branchements respectent-ils les normes ? Les propriétaires sont-ils soumis à des inspections ? Car si un problème électrique est identifié, encore faut-il pouvoir le prévenir avant qu’il ne provoque un incendie.

Après Panacée : contrôle ou véritable changement ?

Après le drame de Panacée, les autorités ont annoncé le contrôle des salles de fêtes et autres établissements accueillant du public. C’est nécessaire. Mais est-ce suffisant ? Une salle peut disposer d’extincteurs et rester dangereuse si les sorties de secours sont bloquées.

Un bâtiment peut être moderne et devenir un piège si son installation électrique est défectueuse. Une école peut accueillir des centaines d’enfants sans disposer d’un véritable plan d’évacuation. La sécurité ne doit donc pas être une formalité administrative. Elle doit être contrôlée, testée et régulièrement évaluée.

Le problème dépasse les salles de fêtes

Aujourd’hui, on parle des salles de fêtes. Demain, ce pourrait être un marché, une école, une église, un immeuble résidentiel ou un commerce. Kinshasa est une ville en croissance permanente. Mais cette croissance n’est pas toujours accompagnée d’une mise à niveau des infrastructures de sécurité.

Des quartiers se densifient. Des bâtiments se multiplient. Des activités commerciales s’installent dans des espaces parfois inadaptés. Pendant ce temps, les moyens de secours doivent parcourir une ville immense pour atteindre les victimes. Le risque augmente. Les moyens doivent suivre.

Il faut changer de logique

Attendre l’incendie pour chercher les responsables est devenu insuffisant. Kinshasa doit passer d’une logique de réaction à une logique de prévention. Cela signifie : multiplier les points de secours dans les communes ; garantir la disponibilité permanente des camions et équipements ; contrôler régulièrement les installations électriques ;

imposer des sorties de secours réellement accessibles ; équiper les écoles et établissements recevant du public ; organiser des exercices d’évacuation ; dégager les voies d’accès aux véhicules de secours ; former les populations aux premiers gestes face à un incendie. Mais surtout, rendre publics les résultats des contrôles et les mesures prises.

La question que personne ne veut avoir à poser

Après Panacée, Saint-Pierre, Bonne Auberge et Barumbu, une question s’impose. Quel sera le prochain incendie ? Et surtout : sera-t-il maîtrisé à temps ? Le véritable défi pour les autorités n’est pas seulement d’éteindre les flammes lorsqu’elles apparaissent. C’est de faire en sorte que, lorsqu’un incendie éclate, les secours soient déjà prêts à intervenir.

Parce qu’une ville moderne ne se mesure pas uniquement à ses routes, ses immeubles ou ses grands projets. Elle se mesure aussi à sa capacité à protéger ses habitants lorsque tout bascule en quelques minutes. Kinshasa brûle peut-être par endroits. Mais l’alerte, elle, est désormais générale.

Junior Kulele

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