« Mabele ango eza ya yo ? » — Cette parcelle t’appartient-elle vraiment ? Par cette interpellation en lingala, le gouverneur de la ville de Kinshasa a lancé un message sans équivoque aux propriétaires immobiliers de la capitale : l’heure du paiement des impôts a sonné.
Des loyers à 10 000 dollars… mais des impôts absents
À en croire Daniel Bumba, certains biens immobiliers à Kinshasa génèrent des loyers pouvant atteindre 10 000 dollars américains par mois. Un niveau de rentabilité qui contraste, selon lui, avec le faible niveau de déclaration et de paiement des impôts sur les revenus locatifs. Pour le gouverneur, la situation est tout simplement inadmissible.
« Il n’est pas normal que des personnes perçoivent des sommes aussi importantes sans contribuer équitablement au développement de la ville », a-t-il martelé, estimant que le civisme fiscal doit s’appliquer à tous, sans exception.
« Nous allons vous contraindre à payer »
Le ton se veut ferme. Le gouverneur prévient : les propriétaires récalcitrants seront contraints de s’acquitter de leurs obligations fiscales.« Nous allons vous contraindre à payer », a-t-il lancé, laissant entendre que des mécanismes de contrôle et de recouvrement seront renforcés dans les prochains mois.
Cette déclaration s’inscrit dans une dynamique plus large de mobilisation des recettes locales afin de permettre à la capitale congolaise de financer ses projets d’infrastructures, d’assainissement et de modernisation urbaine.
Une question d’équité et de gouvernance
Pour l’autorité urbaine, le paiement de l’impôt foncier et des taxes sur les revenus locatifs n’est pas qu’une question administrative. Il s’agit d’un impératif de justice fiscale. Dans une ville en pleine expansion, où la pression immobilière est forte et les prix en constante hausse, l’État provincial entend mettre fin à ce qu’il considère comme une forme d’évasion fiscale tolérée trop longtemps.
Le message est clair : à Kinshasa, posséder un bien immobilier rentable implique désormais une responsabilité fiscale assumée.
JK


