À Kinshasa, la bataille pour l’ordre urbain change de vitesse. Ce lundi 9 mars 2026, sur le terrain annexe du Stade des Martyrs, le gouverneur de la capitale, Daniel Bumba Lubaki, a rassemblé près de 3 000 agents de la mission mixte de contrôle routier. Devant ces hommes et ces femmes appelés à quadriller la ville, le message était sans détour : reprendre le contrôle de la voie publique et imposer le respect strict du Code de la route dans une métropole souvent livrée à l’anarchie du trafic.

Dans une ville où la circulation rime trop souvent avec désordre, le premier citoyen de la capitale a annoncé un durcissement immédiat des contrôles. Les véhicules jugés dangereux ou en mauvais état seront désormais interdits de circulation. Pour renforcer l’efficacité du dispositif, l’opération sera appuyée par des éléments de l’armée, appelés à soutenir les équipes déployées sur le terrain afin de rétablir l’autorité de l’État sur les artères de la capitale.
Autre rappel ferme : la réglementation sur la circulation des poids lourds ne souffrira plus aucune tolérance. Les camions et véhicules de livraison ne seront autorisés à circuler que du lundi au mercredi entre 22 heures et 5 heures du matin, sans aucune dérogation. Une mesure destinée à désengorger les principales artères de la capitale et à réduire les risques d’accidents dans une ville où la pression du trafic atteint des niveaux critiques.

Dans la foulée, le gouverneur a annoncé un moratoire d’une semaine accordé aux propriétaires de véhicules abandonnés et aux garages pirates qui occupent illégalement l’espace public. Passé ce délai, une vaste opération de casse sera lancée dès lundi prochain pour libérer les chaussées et réorganiser l’espace urbain.
Mais au-delà de la circulation, c’est aussi la sécurité des Kinois qui est en ligne de mire. Face à la recrudescence des enlèvements dans la capitale, Daniel Bumba Lubaki a annoncé l’instauration prochaine d’un système d’identification numérique obligatoire pour les taxis, un dispositif visant à tracer les véhicules et à renforcer la protection des passagers.

À Kinshasa, où les défis urbains s’entremêlent entre insécurité, désordre routier et pression démographique, cette série de mesures marque le début d’une offensive pour remettre de l’ordre dans la capitale congolaise. Reste désormais à savoir si cette démonstration de fermeté parviendra à transformer durablement les habitudes sur les routes de la mégapole.
JK


