Kinshasa, capitale des contrastes et de surprises. Décidément, la ville a l’art de survivre avec style entre bouchons et robinets secs. Hier, un vendredi digne d’un film catastrophe : un embouteillage monstre a paralysé Limete. Quatre heures bloqué dans la voiture pour les plus chanceux, kilomètres avalés à pied pour les autres. Aujourd’hui, samedi, place à une autre galère : pas une goutte d’eau dans 14 communes de Kinshasa-Est.

La Regideso, fidèle à sa réputation d’annonceur tardif, prévient que cette coupure est due à des « travaux de réparation » sur les batardeaux du barrage de captage de la rivière N’djili. Résultat : N’djili, Masina, Kimbanseke, Kisenso, Matete, Limete, Lemba, Makala, Barumbu, Lingwala, Selembao, Bumbu, Ngiri-Ngiri et même Kinshasa-centre sont à sec.
Et pour pimenter le tout, la ville se transforme en chantier géant. Les routes se transforment en labyrinthes, on casse ici, on creuse là, on promet de réhabiliter partout… mais rien ne bouge. On slalome entre les chantiers comme dans un jeu vidéo, sauf qu’ici, pas de bouton pause. Résultat : on roule au pas, on marche dans la poussière, et on salue les travaux qui avancent… à la vitesse d’un escargot fatigué.

Et lundi ? C’est la rentrée des classes. Imaginez : des milliers d’élèves, sacs au dos, coincés dans les bouchons, leurs parents partis chercher de l’eau à des kilomètres. Bienvenue dans Kinshasa, la ville qui ne dort jamais… parce qu’elle n’a jamais le temps de souffler. Ici, on ne vit pas, on survit avec panache. Kinshasa, capitale mondiale de la débrouillardise, continue d’appliquer sa devise : « On survit, coûte que coûte. »
Junior Kulele /Patricia Panzu


