Le coup d’envoi a été donné. Après plusieurs jours de sensibilisation, l’opération « Retour à la norme », initiée par le gouvernement provincial de Kinshasa, est entrée ce vendredi dans une phase décisive. Sous la supervision du gouverneur Daniel Bumba, les bulldozers ont fait leur entrée dans la commune huppée de Gombe, marquant le début d’une vaste campagne de démolition et d’assainissement destinée à restaurer l’ordre urbain dans la capitale congolaise.

Dans les principales artères de Gombe, les équipes mixtes composées de la Brigade spéciale pour la protection de l’environnement et le bien-être des Kinois, de la RASKIN et d’autres services techniques, appuyées par la police nationale, ont procédé à la démolition des constructions anarchiques.
Kiosques de fortune, maisons de vente érigées sans autorisation, habitations précaires construites le long des rivières : rien n’a été épargné. L’opération a également visé l’évacuation des épaves de véhicules et le ramassage d’immondices qui obstruaient la voie publique. « Le désordre ne peut plus être une norme. Cette campagne est une étape vers une capitale propre, sécurisée et organisée », a déclaré le gouverneur Daniel Bumba lors du lancement.
Si la Gombe a été choisie comme point de départ, l’exécutif provincial assure que l’action s’étendra progressivement aux 24 communes de Kinshasa. L’objectif est clair : mettre fin au désordre urbain qui s’est généralisé depuis des années. Au programme : démolition des marchés pirates installés en pleine chaussée, fermeture des garages informels, lutte contre le vagabondage urbain, régulation de la nuisance sonore, source permanente de conflits de voisinage.
Le gouverneur a invité les Kinois à collaborer et à respecter l’ordre public. Il a également mis en garde contre toute tentative de résistance : « Les contrevenants s’exposent à des sanctions sévères. Cette opération n’est pas contre la population mais pour son bien-être. Nous devons rétablir Kinshasa dans sa dignité », a insisté Daniel Bumba.
Kinshasa, mégapole de plus de 15 millions d’habitants, est depuis longtemps confrontée à un urbanisme anarchique : constructions sur les emprises publiques, insalubrité chronique, occupations illégales des berges et marchés sauvages. La ville étouffe sous le poids de ce désordre, avec pour conséquences : inondations récurrentes, embouteillages monstres et insécurité croissante.
Avec « Retour à la norme », les autorités provinciales veulent briser ce cycle. Mais le pari reste difficile : la précarité pousse de nombreux habitants à occuper l’espace public pour survivre, tandis que certains sceptiques redoutent que l’opération ne soit qu’une campagne ponctuelle, comme celles menées par le passé sans véritable suivi.
La première étape de « Retour à la norme » à Gombe donne le ton d’une campagne ambitieuse pour transformer le visage de Kinshasa. Entre adhésion de la population, résistance des plus vulnérables et rigueur de l’exécutif provincial, l’avenir de cette opération déterminera si la capitale congolaise peut enfin amorcer une véritable mutation urbaine.


