Dans son discours sur l’état de la Nation, prononcé lundi 8 décembre devant le Parlement réuni en Congrès, Félix-Antoine Tshisekedi a consacré un large volet à la situation de Kinshasa, évoquant l’insalubrité chronique, les embouteillages et la « pression démographique incontrôlée » de la capitale congolaise. Le Chef de l’État a estimé que les difficultés que connaît Kinshasa constituent un véritable défi national en matière de gouvernance urbaine.
« La capitale ne peut pas continuer à grandir sans une planification et un pilotage de son poids démographique », a-t-il affirmé.Selon lui, la prolifération des déchets, l’obstruction des caniveaux, la saturation des quartiers populaires et les pratiques inciviques exposent des millions d’habitants à des risques sanitaires et environnementaux majeurs.
Face à l’ampleur du problème, Félix Tshisekedi appelle à moderniser la chaîne d’assainissement, à clarifier la répartition des responsabilités entre acteurs publics et privés et à renforcer la mobilisation citoyenne. Il plaide également pour une politique de « tolérance zéro » contre les pratiques qui continuent à détériorer l’environnement urbain.
Le Président a par ailleurs annoncé un projet d’extension urbaine destiné à décongestionner Kinshasa, aujourd’hui surpeuplée sur une fraction de son territoire administratif..Ce projet porte sur une zone de 430 km² du côté de Maluku, dont une première tranche de 75 km² sera lancée dès le premier trimestre 2026. « Sur cinq ans, il est prévu la construction de 200 usines, dont 160 dès 2026 », a-t-il précisé. L’ambition affichée : créer des emplois, améliorer les services essentiels notamment l’eau et l’électricité et organiser plus efficacement la gestion métropolitaine.
La mobilité urbaine et la question de l’assainissement figurent, selon Tshisekedi, parmi les urgences de gouvernance publique.
Il rappelle avoir déjà interpellé à plusieurs reprises le gouvernement lors des Conseils des ministres de 2025, en exigeant des solutions structurelles capables de réduire les embouteillages et d’améliorer l’environnement de vie des Kinois.
Emille Kayomba


