Kinshasa s’apprête à franchir une nouvelle étape dans la transformation de son réseau routier. Présentée le 18 septembre 2026, l’Autoroute du Fleuve Congo se veut l’un des projets structurants destinés à répondre à l’explosion démographique de la capitale et à la saturation croissante de ses principaux axes de circulation.
Inscrite dans la dynamique du programme « Kinshasa Ezo Bonga », cette voie rapide doit relier plusieurs zones stratégiques de l’Est de la capitale, notamment Limete, Masina et Nsele, avec une première phase reliant le secteur de Baramoto à l’aéroport international de N’Djili. Le projet, dont le linéaire est estimé à environ 24,5 à 26 kilomètres selon les périmètres techniques retenus, sera aménagé en deux fois deux voies. Sa particularité réside dans la nature des terrains traversés.
Sur les zones urbaines fortement peuplées, l’infrastructure prévoit notamment des ouvrages en viaduc afin de limiter son impact sur la circulation existante. Dans les zones humides de Kingabwa et de Tshuenge, l’autoroute reposera sur des remblais techniques, des ponts et des viaducs adaptés aux contraintes du terrain. La première phase comprend plusieurs ouvrages majeurs, dont un viaduc urbain d’environ 3,5 kilomètres, un nouveau pont de plus de 500 mètres sur la rivière N’Djili, ainsi que plusieurs échangeurs destinés à fluidifier les connexions avec les autres grands axes de la capitale.
Parmi les aménagements annoncés figurent notamment un échangeur à Limete, un autre dans la zone marécageuse du fleuve ainsi qu’un échangeur à plusieurs niveaux au niveau de Ndjoku. Ce dernier doit assurer la connexion avec la rocade sud-est, le boulevard Lumumba et l’avenue des Poids-Lourds. À cette infrastructure s’ajouteront trois stations de péage automatisées, conçues pour permettre une gestion numérique du trafic et des paiements.
Au-delà de la construction d’une nouvelle route, l’enjeu est surtout celui de la mobilité. Les autorités ambitionnent de ramener à environ 15 minutes le temps de parcours entre N’Djili et Limete et, surtout, de créer une nouvelle alternative aux axes actuellement fortement congestionnés dans l’Est de Kinshasa. Le financement du projet s’inscrit dans la mobilisation des ressources issues de la première émission d’Eurobond de la RDC, d’un montant de 1,25 milliard de dollars.
Avec l’Autoroute du Fleuve, Kinshasa ne cherche donc pas seulement à construire une nouvelle route. Il s’agit de repenser les connexions entre les quartiers, les zones économiques et les principales portes d’entrée de la capitale. Reste désormais le défi de la réalisation effective des ouvrages, de leur entretien et de leur intégration durable dans un réseau routier appelé à accompagner l’expansion continue de la métropole.
La rédaction de b-onetv.cd


