Le Centre Wallonie-Bruxelles de Kinshasa s’est paré d’une robe saint sylvestre pour le lancement officiel de sa saison culturelle 2026. Sous l’impulsion de David Thonon, Délégué général Wallonie-Bruxelles à Kinshasa, et de la directrice Cécile Djunga, le gong a été solennellement frappé pour inaugurer une année placée sous le thème évocateur « Racines et Horizons ».
Plus qu’un simple événement d’ouverture, cette soirée fut une célébration vibrante des peuples, des mémoires et des imaginaires, portée notamment par l’exposition photographique « Peuples et forêts » d’Alain Huart.
Devant un public nombreux composé d’artistes, d’intellectuels, de diplomates et d’amateurs de culture, le Centre Wallonie-Bruxelles et la Délégation Wallonie-Bruxelles ont ouvert grand leurs portes pour une programmation riche et éclectique. Concerts, danse, slam, théâtre, arts visuels, cinéma et littérature ont rythmé cette soirée inaugurale, illustrant la diversité et la vitalité de la scène artistique congolaise et internationale.
Moment fort de la soirée : l’ouverture officielle de la nouvelle bibliothèque du CWB, concrétisant une promesse portée par son directeur, Richard Ali Mutu Kahombo. Un espace appelé à devenir un pôle de savoir et de rencontres intellectuelles au cœur de Kinshasa.
L’exposition « Peuples et forêts » d’Alain Huart a constitué l’épine dorsale de cette ouverture culturelle. À travers une scénographie soignée, le photographe invite le visiteur à un parcours immersif au cœur des territoires, des mémoires et des écosystèmes congolais. Ses images interrogent la cohabitation entre l’homme et la nature, dans une réflexion profonde sur l’avenir de la planète et de l’humanité.
« La planète n’a pas besoin d’être sauvée, c’est l’humanité qui doit apprendre à survivre sans se détruire elle-même », une phrase qui a marqué les esprits dans cet univers visuel empreint de poésie et de conscience écologique. En contrepoint de l’exposition, l’installation artistique du Village Zebola a investi la mezzanine du Centre, offrant une performance immersive célébrant la transmission intergénérationnelle. Ce projet met en lumière les jeunes talents congolais tout en s’appuyant sur l’expérience des aînés, créant un espace de dialogue culturel et de création partagée.
La soirée s’est poursuivie par un concert en plein air de l’orchestre La Crèche, revisitant les grands classiques de la rumba congolaise, inscrite au patrimoine immatériel de l’UNESCO. Sous un ciel nuageux, les mélodies intemporelles ont résonné dans l’enceinte du Centre, rappelant la puissance de cette musique comme mémoire vivante du Congo.
Musique, danses traditionnelles et urbaines, performances artistiques et expositions ont créé un pont entre héritages ancestraux et expressions contemporaines. Dans une ambiance conviviale ponctuée d’un pot d’amitié et d’une dégustation gourmande, artistes et publics ont célébré ensemble la créativité comme langage universel.
À la veille de la Saint-Valentin, la pluie s’est invitée comme une muse inattendue, bénissant symboliquement cette nouvelle saison culturelle. Un présage poétique pour une année que le Centre Wallonie-Bruxelles promet riche, fertile et audacieuse dans la promotion et la diffusion de la culture à Kinshasa.
Elrick Elesse Boteko


