Le gouverneur de la ville-province de Kinshasa, Daniel Bumba, hausse le ton et mobilise les échelons de proximité pour répondre aux multiples défis qui étouffent la mégalopole congolaise. Réunis ce mercredi autour de lui, bourgmestres et chefs de quartiers ont reçu de nouvelles instructions, couvrant des domaines aussi sensibles que la circulation routière, la sécurité, l’assainissement, la lutte contre les nuisances sonores et la protection du patrimoine foncier.
À quelques jours de la rentrée scolaire, le gouverneur a insisté sur la nécessité de limiter les embouteillages aggravés par les travaux routiers. Il a exigé la mise en place rapide de voies de déviation et demandé aux bourgmestres de lui soumettre un rapport complet sur l’état des artères afin de bâtir un plan d’action efficace.
La sécurité, autre dossier brûlant, a occupé une large partie des échanges. Daniel Bumba a ordonné la tenue régulière des comités locaux de sécurité, en format restreint et mixte, et exhorté les bourgmestres à descendre sur le terrain pour évaluer les besoins. Il a également plaidé pour des patrouilles pédestres et motorisées et une meilleure collaboration entre la population et les forces de l’ordre.
Face à une insalubrité chronique, le gouverneur a relancé son slogan devenu une campagne : « Balabala esa wenze te » – « La voie publique n’est pas un marché ». Objectif : mettre fin à la prolifération des marchés et garages pirates qui envahissent la capitale et perturbent la circulation. Il a appelé à une mobilisation générale pour restaurer la salubrité de la ville.
Daniel Bumba a enfin exhorté ses interlocuteurs à s’attaquer fermement aux nuisances sonores, jugées envahissantes dans plusieurs quartiers de Kinshasa. Il a aussi insisté sur la sécurisation des espaces fonciers et agricoles, particulièrement dans les communes de la N’sele, Maluku, Mont-Ngafula, Masina et Ndjili, où sont concentrés de nombreux terrains destinés à des projets maraîchers, énergétiques et immobiliers.
Avec ce recadrage, le gouverneur veut imprimer une nouvelle dynamique de gestion locale. Reste à savoir si ses directives trouveront une application concrète dans une capitale où, selon ses propres mots, « tout demeure prioritaire ».
Emille Kayomba


