Dans les couloirs du Tribunal de grande instance de Kinshasa-Matete, la mémoire judiciaire du pays s’étouffe lentement sous la poussière. Empilés à même le sol, sans protection ni classement approprié, des dossiers vieux de plusieurs décennies gisent dans des conditions alarmantes.
Ce triste constat a été fait ce lundi par le ministre d’État en charge de la Justice, Guillaume Ngefa, lors de sa visite surprise dans cette juridiction emblématique du centre de la capitale. Une visite qui a mis à nu l’état de délabrement avancé des archives, véritable symbole d’un système judiciaire qui peine à préserver sa propre histoire.
« Les archives ici datent de plusieurs décennies. Le plus grand problème, c’est le manque d’espace et l’absence d’étagères métalliques. Sans cache-nez, il est difficile d’y travailler à cause de la poussière. La salle est mal aérée et les documents ne sont pas numérisés. Pour retrouver un dossier, cela prend énormément de temps », a témoigné Cady Ipondo, greffier au greffe d’archives.
Entre humidité, désordre et vétusté, ces documents fragiles — certains datant de l’époque coloniale — risquent de disparaître, emportant avec eux des pans entiers de la mémoire judiciaire congolaise. Face à cette situation, le ministre de la Justice a promis des mesures urgentes pour sauver, restaurer et numériser les archives, une étape cruciale pour la modernisation du système judiciaire et la transparence de la justice en République démocratique du Congo. Un chantier titanesque, mais indispensable, pour que la mémoire de la justice congolaise ne s’efface pas dans la poussière.