À l’aube, Kinshasa s’est réveillée sous tension. Depuis 2 heures du matin ce dimanche 21 février, un vaste dispositif de sécurité a été déployé entre Kintambo et Bandalungwa, plongeant plusieurs quartiers dans un silence inhabituel, ponctué par le va-et-vient des forces de l’ordre et les sirènes lointaines.
La zone de GB Diplomate jusqu’à l’arrêt Pharmacie a été complètement bouclée. Aucun mouvement n’était autorisé, ni entrée ni sortie. Des barrières improvisées, des patrouilles armées et des contrôles systématiques ont transformé ce périmètre urbain en un théâtre d’opérations sécuritaires.
Conséquence directe de cette opération : plusieurs cultes dominicaux ont été annulés. Les fidèles, surpris par le bouclage, n’ont pas pu rejoindre leurs églises, tandis que d’autres se sont retrouvés coincés à l’intérieur de la zone sans possibilité de déplacement.
Dans une ville où le dimanche est traditionnellement un moment de recueillement, cette suspension brutale des activités religieuses a créé un sentiment de stupeur et d’incompréhension. « On n’a même pas été prévenus », confiait un habitant, évoquant une atmosphère lourde et inhabituelle.
Sur le terrain, les policiers ont procédé à des contrôles rigoureux, allant jusqu’à inspecter certaines parcelles à la recherche d’individus soupçonnés de délinquance. Selon plusieurs témoignages, l’objectif serait de démanteler des réseaux de banditisme urbain qui sèment l’insécurité dans ce corridor stratégique de la capitale.
Mais l’absence de communication officielle laisse place aux spéculations. S’agit-il d’une opération ciblée contre des gangs urbains, d’un bouclage préventif ou d’une action liée à un renseignement sensible ? Pour l’heure, les autorités restent silencieuses. Ce bouclage intervient dans un contexte où Kinshasa fait face à une recrudescence des actes de banditisme, des braquages et des violences nocturnes.
Les habitants, tout en réclamant plus de sécurité, s’interrogent sur les méthodes employées et sur l’impact de ces opérations sur la vie quotidienne. Entre nécessité sécuritaire et respect des libertés, Kinshasa marche sur une ligne fine. Et ce dimanche sous bouclage en est une illustration frappante.
La rédaction de b-onetv.cd


