Le dossier foncier prend une nouvelle tournure à Kinshasa. Auguy Kipasa Kitakya, est présenté par des sources judiciaires comme la figure centrale du réseau présumé « Folioman », accusé d’être impliqué dans des opérations de falsification de documents et de spoliation foncière et immobilière. Son nom apparaît dans le communiqué du ministère de la Justice publié le 25 août 2026.
Le document fait état de plus de 62 dossiers portant sur des biens de l’État et de particuliers et cite un « Kipasa Kitakya » présenté comme étant à la tête du réseau présumé. Selon les enquêteurs, le mécanisme aurait notamment consisté à exploiter des failles du système foncier pour s’approprier des biens considérés comme « sans maîtres », des propriétés publiques ou encore des maisons appartenant à des particuliers, notamment lorsque les héritiers maîtrisaient peu les procédures administratives.
L’affaire présenterait également des ramifications familiales et administratives. Auguy Kipasa Kitakya est présenté comme le neveu de feu Venant Tshipasa, ancien ministre des Affaires foncières. Les enquêteurs soupçonnent qu’il aurait tiré profit de sa connaissance de certains dossiers fonciers pour structurer progressivement ce réseau présumé. Lors de son interpellation, les enquêteurs auraient découvert plusieurs éléments considérés comme compromettants.
Des certificats d’enregistrement auraient notamment été retrouvés dans son véhicule. Une perquisition à son domicile aurait également permis de saisir une machine que les enquêteurs soupçonnent d’avoir été utilisée pour vieillir artificiellement des titres de propriété, afin de leur donner l’apparence de documents établis plusieurs années auparavant. Ces éléments devront toutefois être examinés par la justice et confrontés aux explications de l’intéressé. À ce stade, les accusations restent donc à établir devant les juridictions compétentes.
Le ministère de la Justice décrit le phénomène « Folioman » comme un système reposant notamment sur la falsification de titres et de documents administratifs, la spoliation ainsi que la vente frauduleuse de biens fonciers et immobiliers. Détenu au parquet, selon les informations disponibles, Auguy Kipasa Kitakya devrait comparaître prochainement. Le procès devra notamment déterminer son rôle exact dans les différentes opérations présumées et permettre d’identifier d’éventuels complices.
Les investigations pourraient conduire vers plusieurs maillons de la chaîne foncière et judiciaire. Le ministère évoque notamment la possible implication d’avocats, d’huissiers, de greffiers, de hauts gradés des forces de sécurité ainsi que de cadres des Affaires foncières et du Cadastre. L’affaire dépasse ainsi le seul cas de l’ancien responsable politique. Les 62 dossiers annoncés constituent, selon les autorités, un premier lot, tandis que les investigations se poursuivent pour remonter les ramifications du réseau présumé.
Pour le gouvernement, l’objectif est désormais clair : démanteler les mécanismes de falsification des titres, récupérer les biens spoliés et renforcer la protection des propriétés publiques et privées. La création d’un cadre permanent réunissant la Justice, l’Urbanisme et Habitat, les Affaires foncières et l’AN-PPIE participe à cette offensive.
Le prochain rendez-vous judiciaire sera donc décisif : il devra permettre de distinguer les soupçons des faits établis et de déterminer, pièces à l’appui, si Auguy Kipasa Kitakya est réellement le cerveau du réseau « Folioman » ou si son rôle est différent de celui qui lui est attribué par les enquêteurs.


