Il y a des images qui bouleversent. D’autres qui révoltent. Et puis il y a celles qui interrogent profondément ce que nous sommes devenus. À Kinshasa, une vidéo devenue virale a franchi cette ligne rouge, exposant au grand jour une scène d’une rare violence dans un lieu censé protéger la vie. Les faits se seraient déroulés à l’Hôpital CNPP Kinkole. Sur les images, largement relayées sur les réseaux sociaux, une patiente apparaît en état de nudité, visiblement vulnérable, prise dans une altercation brutale avec un homme présenté comme médecin.
Des gestes violents, des paroles humiliantes. Une scène crue, sans filtre, qui a provoqué une onde de choc dans l’opinion publique. Selon les premières informations, l’incident serait survenu dans un contexte de refus de soins de la part de la patiente. Mais très vite, cet élément devient secondaire face à l’essentiel : rien, absolument rien, ne peut justifier qu’un acte médical bascule dans l’humiliation et la violence. Le tollé a été immédiat. Sur les réseaux sociaux comme dans les cercles professionnels, l’indignation est totale.
L’affaire a rapidement pris une tournure judiciaire avec une plainte déposée contre le médecin mis en cause, David Balanganayi, à l’initiative de l’ONG Sauvons la Corporation médicale. L’organisation a saisi le Conseil urbain de l’Ordre des médecins de Kinshasa, dénonçant de graves manquements aux principes fondamentaux du métier. Car au-delà du choc, c’est toute la déontologie médicale qui est questionnée. Le respect de la dignité humaine, l’interdiction absolue de toute forme de violence, le devoir d’humanité envers les patients autant de piliers qui semblent avoir été brutalement ignorés.
Pour l’heure, ni la direction de l’établissement ni les autorités sanitaires ne se sont officiellement exprimées. Un silence qui alimente encore davantage la colère et l’incompréhension. Dans une société déjà éprouvée par de nombreuses fragilités, l’hôpital devrait rester un sanctuaire. Un lieu où l’on soigne, où l’on rassure, où l’on protège. Pas un espace où la vulnérabilité devient spectacle.
Aujourd’hui, une exigence s’impose avec force : que toute la lumière soit faite sur cette affaire. Que les responsabilités soient établies. Et surtout, que justice soit rendue. Parce qu’une chose demeure incontestable : on ne soigne pas en humiliant.
Junior Kulele


