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Kinshasa : une ville calme malgré l’appel à la « ville morte »

13 minutes ago
in Société
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Kinshasa : une ville calme malgré l’appel à la « ville morte »
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Le grand arrêt annoncé n’a finalement pas paralysé la capitale. Ce mercredi 3 juin, Kinshasa s’est réveillée dans une atmosphère inhabituelle, marquée à la fois par la prudence des habitants et par la volonté des autorités de maintenir le cours normal des activités. À l’appel de plusieurs figures de l’opposition réunies autour de la coalition dite de l’« Article 64 », les Kinois étaient invités à observer une journée de « ville morte » pour protester contre le projet de révision constitutionnelle attribué au pouvoir en place. Mais sur le terrain, le constat est plus nuancé : la capitale n’est ni totalement à l’arrêt, ni pleinement active.

Dès les premières heures de la matinée, plusieurs grandes artères de la ville ont présenté un visage inhabituellement calme. La circulation automobile, généralement dense à cette heure, est apparue moins importante que d’ordinaire. Si des taxis et bus ont été aperçus sur différents axes, leur nombre est resté inférieur à celui observé lors d’une journée classique. Les grands embouteillages qui rythment habituellement les matinées kinoises étaient largement absents dans plusieurs communes.

Dans certains quartiers, les arrêts de transport en commun sont demeurés clairsemés, tandis que plusieurs conducteurs ont préféré garder leurs véhicules à domicile, par mesure de précaution. Le mouvement a également varié selon les secteurs. Plusieurs boutiques, magasins et petits commerces ont gardé leurs rideaux baissés, tandis que d’autres ont ouvert progressivement au fil de la matinée.

Même constat pour les établissements scolaires. Devant certaines écoles, la présence des élèves est restée limitée, de nombreux parents ayant préféré observer l’évolution de la situation avant d’envoyer leurs enfants en classe. Les administrations publiques et plusieurs entreprises privées ont néanmoins poursuivi leurs activités, conformément aux consignes des autorités.

L’autre image forte de cette matinée est sans conteste le déploiement visible des forces de sécurité. Dans plusieurs points stratégiques de la capitale, des dizaines d’éléments de la Police nationale congolaise ont été positionnés aux abords des grands carrefours, des bâtiments publics et des axes les plus fréquentés.

Des jeeps de la police ont multiplié les patrouilles à travers la ville, tandis que quelques véhicules militaires ont également été aperçus dans certains secteurs sensibles. L’objectif affiché est de prévenir tout incident et garantir la libre circulation des personnes et des biens.

Face à l’appel de l’opposition, les autorités nationales et provinciales ont réaffirmé que ce mercredi demeure une journée ouvrable normale. Le gouvernement provincial de Kinshasa a appelé les habitants à poursuivre librement leurs activités quotidiennes, assurant qu’aucune mesure officielle de cessation d’activités n’avait été décidée.

Dans le même temps, le commissaire provincial de la Police nationale congolaise a adressé un message ferme à la population. S’exprimant en lingala, il a invité les Kinois à vaquer normalement à leurs occupations et a mis en garde toute personne qui tenterait d’intimider, de menacer ou d’agresser les citoyens désireux de travailler.

Le chef de la police a notamment promis des poursuites contre les auteurs d’actes de violence, de destruction de biens ou d’atteinte à la liberté de circulation, assurant que les forces de l’ordre demeurent mobilisées sur l’ensemble de la capitale.

Le bilan de cette opération apparaît contrasté. L’appel à la « ville morte » a incontestablement influencé le rythme habituel de la capitale, en réduisant l’affluence sur les routes et dans certains espaces publics. Mais il n’a pas provoqué l’arrêt complet de l’activité économique et administrative. Kinshasa offre ainsi l’image d’une ville prudente, sous surveillance, mais globalement calme. Une journée où la politique s’est invitée dans le quotidien des habitants, sans toutefois faire basculer la capitale dans la paralysie redoutée par certains observateurs.

Junior Kulele

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