Le Gouvernement a annoncé l’exécution du projet »Kinshasa zéro trou’‘ avec un taux de réalisation évalué à 96% dans près de 20 artères retenues pour sa première phase. Ce qui insinue plus ou moins une satisfaction du maître d’ouvrage après »des laborieux travaux’‘. Mais s’il faut s’en tenir aux objectifs liés à cette initiative, on dirait que les résultats ne rencontrent pas les attentes. Avec les embouteillages qui s’amplifient sur les routes de la capitale, beaucoup sont d’accord pour une peine perdue ou presque. En octobre 2021, lors du lancement de ce programme inauguré par le Chef de l’Exécutif National, Sama Lukonde annonçait que 32 millions de dollars du contribuable devraient être investis. Près d’une année après, peut-on considérer que l’opération »zéro trou » est une solution aux problèmes de fluidité de la circulation dans la capitale?
Pour certains spécialistes, Kinshasa est plutôt confrontée à des défauts d’urbanisation. Dans le domaine particulier de la voirie, la taille des infrastructures routières devenues inadaptées, est le principal sujet d’inquiétudes qui devraient orienter toute intervention des décideurs politiques. »Se limiter à réparer les nids-de-poule d’une voirie urbaine obsolète, c’est obliger un adolescent à garder son berceau de nourrisson », ironise un architecte urbaniste. Il propose que les quelques millions prévus pour les réhabilitations, devraient plutôt servir à élargir les voies principales et construire les routes secondaires. Avec une population estimée à environ 17 millions d’habitants, donc 2 milles personnes habitent 1 Kilomètre carré.
Aujourd’hui la promiscuité dans la capitale a refoulé du monde, mais n’a pas poussé les gouvernants à innover. Avec la création des nouveaux quartiers à l’ouest comme Pompage, Mbudi, Lutendele et autres, il est nécessaire de penser à la construction des autres boulevards grands comme celui du 30 juin. Ngaliema et son prolongement vers l’UPN et Mitendi appellent aussi à des mises à jour de la voirie avec des projets urbains grands formats. La ville prend davantage du volume à Mont-ngafula et vers l’Est à Maluku et N’sele, mais malheureusement avec comme seul centre des affaires Gombe. Aucune décentralisation des activités économiques et professionnelles, moins encore la création de nouveaux centres d’intérêts pour la population.
‘‘Kinshasa zéro trou » est une initiative bonne pour prévenir les véhicules des chocs dûs au délabrement des routes, mais loin comme solution pour le désengorgement des voies principales dans la ville de Kinshasa. Mais il est nécessaire de penser à reconstruire notre capitale selon les standards d’une mégalopole digne de ce nom. Pour réussir un tel plan, le gouvernement doit s’assumer pour exproprier certains riverains et proposer un vaste projet qui peut non seulement aérer la ville, mais aussi revêtir Léo d’une nouvelle robe.
Constantin Ntambwe


