Le ciel de Kisangani s’est brièvement transformé en zone d’alerte ce dimanche 1er mars 2026. En pleine après-midi, plusieurs drones ont tenté de viser l’aéroport international de Bangboka, principal poumon aérien de la province de la Tshopo. Grâce à la vigilance des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et des unités affectées à la sécurité aéroportuaire, les engins ont été interceptés avant de provoquer des dégâts majeurs.
Panique passagère, trafic maintenu. Aux environs de 15 heures, un premier drone a été neutralisé. Entre 17h et 19h, trois autres engins, présentés comme des drones « kamikazes », ont été abattus. Des tirs d’armes légères ont retenti quelques minutes, semant la panique parmi certains usagers de l’aéroport.
Si des riverains ont préféré s’éloigner par précaution, les passagers en salle d’embarquement sont restés sur place. Un avion a même atterri peu après l’incident, preuve que la tour de contrôle et les installations essentielles n’ont pas été affectées. Aucun dégât humain n’a été signalé, bien que des éclats aient endommagé certaines vitres. Le gouvernement provincial a confirmé dans la soirée la neutralisation des quatre appareils.
Ce n’est pas la première fois que l’infrastructure est visée. À la mi-février, des attaques similaires avaient déjà été enregistrées. La coalition AFC/M23 avait alors revendiqué des frappes contre ce qu’elle qualifiait de centre de commandement de drones de l’armée congolaise. Les autorités provinciales attribuent ces nouvelles tentatives à ce mouvement rebelle, soutenu par le Rwanda selon Kinshasa et plusieurs rapports onusiens.
Au-delà de l’impact immédiat, ces attaques traduisent une évolution inquiétante du conflit : l’usage accru des drones, aussi bien pour les frappes que pour les opérations de surveillance. L’aéroport de Bangboka, infrastructure stratégique, devient ainsi un symbole de cette nouvelle dimension technologique de la guerre dans l’Est de la RDC.
Pour l’heure, les vols restent maintenus à Kisangani. Mais l’épisode rappelle combien la stabilité demeure fragile, même loin des lignes de front traditionnelles.
JK


