Après deux mois passés à Kinshasa, le capitaine Antony Mualushayi retrouve officiellement ses fonctions au sein de la onzième région militaire. Porte-parole des opérations Ngemba, l’officier avait été rappelé dans la capitale à la suite de déclarations fracassantes sur le phénomène Mobondo, qui secoue l’ouest de la République démocratique du Congo.
À l’origine de son rappel : des propos tenus publiquement mettant en cause « des proches du pouvoir » dans la crise des Mobondo. Le capitaine évoquait notamment la possession de cartes militaires par certains miliciens, ainsi que des contacts présumés avec des groupes rebelles opérant dans l’Est du pays. Il n’avait pas hésité à qualifier les Mobondo de « groupe rebelle », au regard de la gravité des exactions commises dans plusieurs localités de l’Ouest.
Ces déclarations lui ont valu d’être entendu par la première zone de défense. Pendant plusieurs semaines, il a été auditionné afin d’éclairer la hiérarchie militaire sur la véracité et la portée de ses accusations. Selon des sources proches du dossier, les services compétents auraient recueilli des renseignements jugés déterminants. « L’option serait levée pour l’interpellation de toutes les personnes impliquées dans la crise des Mobondo », confie une source sécuritaire.
La décision d’autoriser le capitaine Mualushayi à reprendre ses fonctions est interprétée par certains comme un signal fort : celui d’une volonté de faire toute la lumière sur cette crise sécuritaire. Dans les zones touchées par les violences, la nouvelle est accueillie avec soulagement. À Kwamouth, l’une des épicentres du conflit, les autorités coutumières estiment que justice suit son cours. « La vérité a triomphé. Le capitaine était derrière la justice. Ce qu’il avait dit était vrai, raison pour laquelle on l’a autorisé à reprendre ses fonctions », a déclaré Stany Libie, chef du village Kimomo.
Il appelle à l’intensification des opérations militaires dans les zones encore instables, notamment à Bagata et Maluku. Pour lui, tous les soutiens des miliciens doivent être identifiés et traduits en justice. Depuis janvier, une mission de pacification a été déployée dans les régions affectées par l’activisme des Mobondo. À Kwamouth, plusieurs miliciens ont déposé les armes et se sont rendus aux Forces armées.
Conduite par le ministre délégué à la Défense en charge des anciens combattants, Eliezer Ntambwe, la mission s’est également rendue au Kwango, notamment à Popokabaka, où la fin de la crise a été proclamée par le fondateur du mouvement. Là encore, des armes ont été récupérées et plusieurs combattants se sont rendus. Le retour du capitaine Mualushayi intervient dans un contexte où l’État congolais tente de restaurer son autorité dans l’Ouest du pays, pendant que l’Est reste en proie à d’autres défis sécuritaires.
Au-delà du cas individuel de l’officier, cette séquence pose une question centrale : jusqu’où ira la justice dans l’identification des soutiens politiques, logistiques ou militaires des Mobondo ? Pour les victimes, une chose est claire : le retour du porte-parole marque une étape. Reste désormais à transformer les promesses en actes sur le terrain.
La rédaction de b-onetv.cd


