Les tensions diplomatiques montent d’un cran dans la région des Grands Lacs. Dans un communiqué rendu public le 2 mars 2026, le département d’État américain annonce des sanctions ciblées contre les Forces de défense rwandaises (FDR) et quatre de leurs officiers supérieurs, accusés de soutien opérationnel direct au Mouvement du 23 mars (M23) dans l’est de la République démocratique du Congo.
La déclaration est signée par « Thomas Tommy » Pigott, porte-parole adjoint principal, et s’inscrit dans le cadre de l’application du décret présidentiel américain 13413, tel que modifié, qui permet de sanctionner les acteurs impliqués dans l’instabilité en RDC. Selon Washington, ces sanctions font suite à une « violation flagrante » des Accords de Washington pour la paix et la prospérité, signés le 4 décembre 2025 par le président américain Donald Trump, le président congolais Félix Tshisekedi et le président rwandais Paul Kagame.
Quelques jours après cette signature qualifiée d’« historique », des combattants du Mouvement du 23 mars (M23), soutenus par le Rwanda selon les autorités américaines, ont pris le contrôle de la ville d’Uvira, dans le Sud-Kivu. Pour Washington, cette avancée militaire constitue une entorse directe aux engagements pris dans le cadre de l’accord trilatéral. Le M23 est déjà une entité sanctionnée par les États-Unis et par les Nations unies. Il est accusé d’être responsable de graves violations des droits humains, notamment d’exécutions sommaires et de violences contre des civils, en particulier des femmes et des enfants.
Dans son communiqué, l’administration américaine affirme que le soutien continu des FDR et de leurs hauts responsables a permis au M23 de s’emparer de territoires souverains de la RDC et de poursuivre ses exactions. Les sanctions visent donc à responsabiliser directement les structures militaires rwandaises impliquées. Les États-Unis réaffirment leur « soutien indéfectible » à la paix et à la stabilité dans l’est de la RDC et dans l’ensemble de la région des Grands Lacs. Les Accords de Washington sont présentés comme un tournant majeur, ouvrant la voie à une nouvelle ère de coopération et de prospérité entre les pays voisins.
L’action annoncée ce 2 mars se veut un message clair : Washington entend faire respecter les engagements signés. Le président Trump, selon le communiqué, est prêt à utiliser « tous les moyens à sa disposition » pour garantir que la RDC et le Rwanda honorent les termes de cet accord historique. Ces sanctions pourraient accentuer les tensions entre Kigali et Washington, tout en renforçant la position diplomatique de Kinshasa sur la scène internationale. Elles traduisent surtout une volonté américaine de peser directement sur les dynamiques sécuritaires dans l’est congolais.
Reste à savoir si ces mesures restrictives auront un impact concret sur le terrain militaire et humanitaire, dans une région où les cycles de violence persistent malgré les multiples initiatives diplomatiques engagées ces dernières années.
La rédaction de b-onetv.cd


