Après huit années et plusieurs mois passés à la tête de la Ligue Nationale de Football, Bosco Mwehu à tourné une page importante de sa carrière. En marge du scrutin électoral à la LINAFOOT, le président sortant a livré un discours lucide, parfois sévère, sur l’état du football congolais.

Face à la presse, l’homme n’a ni maquillé les difficultés ni cherché à embellir son passage à la tête de l’instance. Avec le ton de celui qui connaît les coulisses du championnat, Bosco Mwehu a reconnu la complexité de la mission qu’il laisse à ses successeurs. « Tout ce que je peux vous dire, c’est que j’ai été heureux durant ces huit années et quelques mois passés à la tête du comité. Cela n’a pas été facile, et ce ne le sera jamais », a-t-il confié.
Derrière cette déclaration, se dessine le portrait d’un football congolais rongé par plusieurs maux : violence dans les stades, pression permanente sur les résultats et crise de fair-play. Pour lui, le prochain comité devra affronter une réalité devenue de plus en plus lourde à gérer. « Les équipes n’acceptent plus la défaite, la sportivité a perdu de sa valeur. Les supporters causent des troubles et cassent à chaque match. Les dirigeants, eux, souffrent pour redonner vie aux clubs », a-t-il regretté.

Mais c’est surtout sur la question de l’arbitrage que le président sortant s’est montré le plus incisif. Sans détour, il a dénoncé un système fragilisé autant par les arbitres que par certains dirigeants eux-mêmes. « Tout le monde fustige l’arbitrage, à raison. Mais certains dirigeants coopèrent avec les arbitres pour les instrumentaliser. Cela doit changer », a-t-il martelé.
Un constat fort, qui met en lumière les tensions récurrentes autour des décisions arbitrales dans le championnat national. Bosco Mwehu appelle ainsi la future direction de la LINAFOOT à instaurer des mécanismes solides pour lutter contre ces pratiques qu’il juge nuisibles à la crédibilité du football congolais.
Autre révélation importante : les multiples reports des rencontres. Souvent pointée du doigt pour son calendrier instable, la LINAFOOT ne serait pas toujours responsable, selon lui. « 90 % des reports de matchs par rapport au calendrier sont à la demande des clubs, mais ces équipes n’ont pas le courage de dire la vérité aux supporters », a-t-il précisé.

Des propos qui sonnent comme un testament sportif. Entre frustrations, vérités crues et appel à la réforme, Bosco Mwehu quitte la LINAFOOT avec un discours qui expose les fissures profondes du football congolais, mais aussi l’urgence d’une reconstruction plus disciplinée et plus crédible.
Junior Kulele


