L’écrivain et Inspecteur général Honoré Gbende Wambenga a présenté ce mardi au Centre Wallonie-Bruxelles de Kinshasa (CWB) deux nouveaux romans : Promotion et Désagrégation & Ensauvagement, parus aux Éditions Pangolin. Ces œuvres engagées, qui abordent des problématiques sociales brûlantes, ont été officiellement portées « aux fonts baptismaux » dans le cadre de la matinée littéraire « Plaisir de lire et d’écrire », en présence de plusieurs personnalités du monde littéraire et éducatif.
L’événement a été marqué par une cérémonie de baptême symbolique dirigée par l’Inspecteur général Mbuyamba, en présence d’un public d’amoureux du livre. Le professeur Beya a salué la profondeur des deux textes, soulignant le regard aiguisé et la plume poétique de Gbende, évoquant une filiation littéraire entre Kafka et Djungu-Simba.
« Le fort d’Honoré Gbende, c’est une âme poétique sensible où se mêlent le vécu tragique et un œil perçant sur la société », a-t-il déclaré. Dans Promotion, l’auteur dénonce la corruption qui gangrène les mécanismes d’ascension sociale. Le protagoniste, convaincu par des promesses de nomination, sacrifie tout… pour n’obtenir rien. Gbende met en lumière un système où la dignité humaine est marchandée.
Quant à Désagrégation & Ensauvagement, il s’agit d’un récit poignant sur la chute d’un intellectuel brisé par l’absurdité sociale. Professeur de chimie, formé à l’étranger, le héros sombre dans la criminalité, rejoignant une bande meurtrière après avoir tout perdu. Un témoignage implacable sur la déchéance morale dans une société en crise. « Le message principal, c’est le recadrage », a expliqué Honoré Gbende à b-onetv.cd. « La société plonge dans une barbarie sans nom. Je stigmatise ce qui ne fonctionne pas, j’invite à la vigilance et à la prudence. »
L’éditeur, le professeur Charles Djungu-Simba, n’a pas tari d’éloges sur son auteur : « Honoré Gbende est lui-même un roman. Écrivain, inspecteur, citoyen engagé. Dans un pays où la lecture souffre, nous continuons à éditer sans moyens, mais avec conviction. » Richard Ali, directeur de la Bibliothèque du CWB, a clôturé la rencontre en encourageant la lecture de ces œuvres, qu’il considère comme des « portraits tragiques de notre société, mais porteurs d’espoir et d’édification ».
Honoré Gbende, né à Kinshasa en 1962, est licencié-agrégé en français. Inspecteur d’État de l’enseignement depuis 2005, il compte désormais neuf publications à son actif. Ses écrits, à la croisée de la poésie et du roman social, s’imposent comme des miroirs de la société congolaise contemporaine.
Elrick Elesse


