L’Assemblée provinciale de Maï-Ndombe a adopté, jeudi, une résolution suspendant l’examen des pétitions et motions durant toute la période de crise sécuritaire que traverse l’Est de la République démocratique du Congo. Le texte a été approuvé par 13 députés, sans opposition, tandis qu’un élu s’est abstenu.
Cette décision s’aligne sur les instructions du gouvernement central, qui a appelé les institutions provinciales à plus de stabilité dans un contexte marqué par l’intensification du conflit dans l’Est du pays. Kinshasa estime que les provinces doivent éviter les agitations politiques internes alors que l’État fait face à des urgences sécuritaires majeures. Depuis plusieurs semaines, des tentatives de déstabilisation institutionnelle ont été enregistrées dans différentes provinces, notamment des démarches visant à destituer des gouverneurs ou des membres des bureaux d’Assemblées provinciales.
À Maï-Ndombe, le gouverneur en fonction avait récemment été ciblé par une motion de défiance, témoignant du climat politique tendu dans la province. Toutefois, cette initiative n’avait jamais été examinée : le Bureau de l’Assemblée provinciale l’avait jugée « superfétatoire », estimant qu’elle ne répondait pas aux priorités du moment. La résolution adoptée ce jeudi vient donc verrouiller temporairement ces mécanismes parlementaires, considérés comme potentiellement déstabilisateurs.
Pour les élus provinciaux, la suspension des pétitions et motions vise à : préserver la cohésion institutionnelle, empêcher des crises politiques locales, permettre aux autorités provinciales de se concentrer sur les urgences administratives et sécuritaires, s’aligner sur les directives nationales de gestion en période de crise. Cependant, cette mesure pourrait également susciter des interrogations sur l’équilibre entre stabilité institutionnelle et contrôle démocratique, les motions étant l’un des outils essentiels permettant aux députés de demander des comptes à l’exécutif provincial.
En attendant la fin de la crise sécuritaire à l’Est, Maï-Ndombe suspend donc certains mécanismes parlementaires afin de privilégier la stabilité. Reste à voir si cette pause permettra une gouvernance plus apaisée ou si elle sera perçue comme un frein à la transparence et à la reddition des comptes.
La rédaction de b-onetv.cd


