À quelques jours d’un rendez-vous important pour les Léopards, un nuage inattendu vient assombrir le ciel de leur préparation. Le match amical entre la RDC et le Chili, programmé le 9 juin prochain en Espagne, se retrouve au cœur d’une controverse administrative liée aux inquiétudes suscitées par l’épidémie d’Ebola qui touche l’est du pays.
Alors que les hommes de Sébastien Desabre peaufinent leurs automatismes en Europe en vue des prochaines échéances internationales, l’incertitude entourant cette rencontre de prestige suscite incompréhension et indignation du côté congolais. Dans un communiqué publié mardi, la Fédération congolaise de football association (FECOFA) a révélé l’existence d’obstacles administratifs pouvant compromettre la tenue de la rencontre prévue à La Línea de la Concepción, dans le sud de l’Espagne.
Selon l’instance faîtière du football congolais, certaines autorités locales ont exprimé des réserves liées à la situation sanitaire en République démocratique du Congo, évoquant notamment les cas d’Ebola signalés dans la province de l’Ituri. Face à cette situation, la FECOFA insiste sur le fait que la délégation congolaise respecte strictement toutes les exigences sanitaires internationales en vigueur.
Des discussions sont actuellement engagées avec les autorités espagnoles, la Fédération espagnole de football ainsi qu’avec les différentes parties prenantes afin de préserver la tenue de cette rencontre. L’objectif est clair : éviter qu’un match de préparation important pour les deux sélections ne soit annulé pour des raisons jugées contestables par Kinshasa. La réaction des autorités congolaises ne s’est pas fait attendre.
Le ministre des Sports et Loisirs, Didier Budimbu, a publiquement apporté son soutien à la FECOFA tout en critiquant fermement la position des autorités locales espagnoles. Dans une publication diffusée sur le réseau social X, le ministre a qualifié cette décision de « disproportionnée », estimant qu’elle ne repose sur aucun élément concret susceptible de justifier une telle inquiétude.
Pour lui, plusieurs faits contredisent les arguments avancés. La majorité des joueurs congolais évoluent dans les championnats européens et la sélection nationale est regroupée en Belgique depuis le 25 mai dans des conditions sanitaires parfaitement encadrées. Le membre du gouvernement congolais appelle ainsi les autorités concernées à fournir des explications claires et à faire preuve d’équité envers les nations engagées dans les compétitions internationales.
Au sein de la tanière des Léopards, le sujet ne semble toutefois pas perturber la préparation sportive du groupe. Interrogé sur les restrictions et mesures sanitaires entourant la sélection congolaise, le sélectionneur Sébastien Desabre a tenu à rassurer. Le technicien français affirme que le stage se déroule dans des conditions normales et que les procédures exigées par les instances internationales sont pleinement respectées.
Il souligne que l’ensemble des joueurs convoqués évoluent déjà en Europe et que les règles sanitaires appliquées depuis la pandémie de Covid-19 continuent d’être observées au sein de la sélection. « Nous avons un stage tout à fait normal », a résumé le sélectionneur, écartant toute influence négative sur la préparation sportive de son équipe.
Au-delà de l’aspect purement sportif, cette polémique soulève des questions sur la perception internationale de la RDC et sur la gestion des risques sanitaires dans le sport mondial. Pour de nombreux observateurs, la situation est d’autant plus sensible que l’épidémie d’Ebola actuellement signalée est localisée dans une région précise du pays, tandis que les joueurs de la sélection nationale vivent et évoluent majoritairement hors du territoire concerné. À quelques jours de l’échéance, les négociations se poursuivent en coulisses.
La FECOFA garde espoir qu’une solution soit trouvée afin de permettre aux Léopards d’honorer leur rendez-vous face au Chili. Une chose est sûre : alors que la RDC nourrit de grandes ambitions sur la route du Mondial 2026, le combat se joue désormais autant dans les bureaux que sur le terrain.
JK


