Il y a des morceaux qui passent, et d’autres qui marquent une rupture. « Mukolo Coop » n’est pas un simple single : c’est une déclaration de guerre artistique. Ce vendredi 20 février, Zozo Machine a fait une entrée solo fracassante dans le paysage du rap congolais, tournant définitivement la page du groupe MPR pour s’ériger, seul, en prétendant au trône.

En 3 minutes 49 secondes, l’artiste lance un manifeste sonore, porté par son label Le Kode, et affirme une nouvelle identité : Zozo Machine King. Une renaissance assumée, entre ambition démesurée et volonté de domination symbolique.
Dès l’entame, Zozo frappe fort : « Bango tout baza na game, mais nga nde Mukolo Coop ». Les autres sont dans le game, mais lui se proclame maître du jeu. Sur une trap africaine enrichie de percussions folkloriques, notamment un tambour à la peau d’iguane, il mêle flow fluide et punchlines tranchantes. Zozo conserve son ADN de rap conscient, tout en assumant une posture conquérante, presque impériale. Ce n’est plus seulement un rappeur : c’est un chef de guerre sonore qui revendique le pouvoir sur l’échiquier du hip-hop congolais.

La scission avec Yuma Dash a ouvert une nouvelle ère : celle de la confrontation indirecte. Pendant que son ancien compagnon samplait Luambo Makiadi dans Bomba Makambo, Zozo choisit la confrontation frontale. Mukolo Coop devient un cri de ralliement, un ultimatum artistique adressé à ses rivaux.
Le clip, chargé de symboles, installe une esthétique quasi dystopique. Zozo y apparaît en maréchal, devant un échiquier, comme pour rappeler que le rap est un champ de bataille et qu’il s’y voit déjà en stratège suprême. Le miroir omniprésent suggère une introspection, mais aussi une certitude : il ne voit aucun adversaire digne de lui, sinon lui-même.

La sortie du clip a ravivé les tensions. Masques, caricatures, références à Mic Mac et Gaz Fabilous : tout est conçu pour provoquer, interpeller, faire parler. Les réactions n’ont pas tardé, entre menaces voilées, répliques acerbes et hommages respectueux. Marshall Dixon, notamment, s’est incliné : « ZOZO est vraiment la machine qu’il pense être ».
Avec près de 260 000 vues en une journée et plus de 21 000 likes, Mukolo Coop a déjà conquis les plateformes. Zozo Machine impose le tempo, bouscule les hiérarchies et relance le débat éternel : qui domine réellement le rap congolais ? Le roi s’est proclamé. Reste à savoir si le royaume suivra.
Elrick Elesse


