Sous le regard grave des corps constitués de la République, des officiers supérieurs en grande tenue et des familles noyées de douleur, le tapis rouge déroulé à l’entrée du Palais du Peuple s’est transformé en couloir d’honneur, marquant l’inscription éternelle de ces soldats dans la mémoire nationale.Les cercueils, drapés aux couleurs du drapeau congolais et ornés des chapeaux à tête de léopard, trônaient au centre de la scène. Autour d’eux, une mer de couronnes et de fleurs déposées par les officiels rappelait que, même dans la mort, ces hommes continuaient de veiller sur leur patrie.

La présence du Chef de l’État, Commandant suprême des FARDC, a conféré à cette cérémonie une solennité rare. En signe de reconnaissance suprême, une ordonnance présidentielle a élevé le Général-Major Cirimwami au rang de Lieutenant-général, et le Colonel Rubabisha au grade de Général de brigade. Le ministre de la Défense a déposé sur leurs cercueils les insignes de ces nouveaux grades, ultime hommage à leur courage.
Puis, la Chancellerie des Ordres nationaux est intervenue, attribuant à titre posthume la Croix de la bravoure militaire et la Palme en bronze, symboles immuables de loyauté et de sacrifice. Le vestibule du Palais du Peuple, habituellement temple des débats politiques, s’était métamorphosé en sanctuaire de mémoire. Le silence pesant qui enveloppait la salle n’était troublé que par les accents funèbres des musiciens militaires, chaque note résonnant comme une prière pour ces hommes tombés au front.

Dans l’assistance, les familles vêtues de noir étaient le miroir d’une douleur universelle : la fierté d’avoir donné des fils à la nation se mêlait à l’amertume d’un départ brutal. Leurs regards fixés sur les cercueils traduisaient mille émotions que les mots ne sauraient contenir.
À l’extérieur, une foule silencieuse s’était massée aux abords du Palais, saluant les dépouilles à leur sortie. Chaque salut militaire, chaque drapeau en berne, chaque pas cadencé résonnait comme un serment : celui de ne jamais oublier.

Dans un silence sacré, seulement interrompu par les clairons et le rythme des bottes militaires, l’hymne national a clos la cérémonie, ultime hommage rendu à ces héros. Les dépouilles ont ensuite pris la route du cimetière Repos du Soldat à Nsele, où elles reposent désormais, inscrivant leurs noms à jamais dans le Panthéon des FARDC.
Elrick Elesse


