La course à la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie se joue désormais aussi dans les capitales. À quelques semaines du prochain Sommet de la Francophonie prévu à Phnom Penh, au Cambodge, la République démocratique du Congo intensifie son plaidoyer diplomatique en faveur de sa candidate, Juliana Amato Lumumba. Après plusieurs étapes en Afrique, en Europe et ailleurs, Kinshasa a porté son message jusqu’à Chișinău, en Moldavie.
Le 18 septembre, le ministre délégué chargé de la Francophonie et de la Diaspora congolaise, Crispin Mbadu Phanzu, accompagné de Juliana Amato Lumumba, a été reçu par Mihai Popșoi, vice-Premier ministre et ministre moldave des Affaires étrangères. La délégation congolaise était porteuse d’un message du président Félix Tshisekedi. Cette nouvelle étape s’inscrit dans une campagne diplomatique que Kinshasa mène depuis plusieurs mois pour mobiliser les États membres de l’OIF autour de sa candidature.
À Chișinău, les discussions n’ont toutefois pas porté uniquement sur l’élection à venir. Les deux parties ont également évoqué la redynamisation des relations entre la RDC et la Moldavie ainsi que les enjeux du prochain Sommet de la Francophonie. Les échanges ont notamment mis en avant la paix, la démocratie, la cohésion sociale et la nécessité d’une Francophonie davantage orientée vers la coopération économique et les échanges entre ses membres.
C’est dans ce cadre que Kinshasa a officiellement sollicité le soutien de la Moldavie à la candidature de Juliana Amato Lumumba au poste de Secrétaire générale de l’OIF. Une démarche qui révèle l’ampleur du travail diplomatique engagé par la RDC : convaincre, capitale après capitale, les États appelés à participer au processus de désignation.
La stratégie congolaise ne se limite d’ailleurs pas à un seul espace géographique. Ces derniers mois, des démarches similaires ont été menées notamment en Andorre, en Belgique et au Maroc. À Bruxelles, Juliana Amato Lumumba avait notamment présenté son projet d’« Académie de la Paix », tandis qu’au Maroc, la délégation congolaise avait également sollicité l’appui de Rabat.
Derrière cette multiplication des consultations se dessine une ambition : défendre une « Francophonie des peuples », davantage tournée vers la paix, la jeunesse, la culture, l’innovation, la solidarité et les opportunités économiques. Cette vision constitue l’un des axes annoncés par la candidate congolaise, dont la candidature a été officiellement présentée par Kinshasa en février 2026.
À Chișinău, la diplomatie congolaise ajoute donc une nouvelle pièce à son dispositif. Le prochain rendez-vous sera Phnom Penh, où les équilibres entre États membres pèseront dans le choix du prochain Secrétaire général de l’OIF. Pour Kinshasa, l’enjeu est désormais de transformer cette succession de consultations diplomatiques en soutiens effectifs autour de sa candidate. Une bataille de persuasion qui se poursuit loin des projecteurs, dans les couloirs diplomatiques, à mesure que se rapproche l’échéance du Sommet de novembre.
La rédaction de b-onetv.cd


