La Conférence internationale sur la paix et la prospérité dans la région des Grands Lacs, tenue ce jeudi à Paris sous l’égide du président français Emmanuel Macron, a débouché sur un engagement financier de plus de 1,5 milliard d’euros. Cette enveloppe, issue de contributions d’États, d’institutions internationales et de partenaires humanitaires, vise à répondre à l’urgence humanitaire et à relancer les dynamiques de paix et de développement dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) et dans les pays voisins.
Dans son discours de clôture, Emmanuel Macron a salué un « élan de solidarité historique » envers les populations meurtries par des décennies de conflits. « Nous ne pouvons pas rester spectateurs d’une tragédie qui dure depuis trop longtemps. La France et ses partenaires s’engagent à soutenir concrètement les populations et à accompagner les efforts de paix dans la région », a déclaré le président français.
Il a également annoncé la réouverture prochaine de l’aéroport de Goma, infrastructure stratégique située dans l’est de la RDC et fermée depuis plusieurs mois en raison de l’insécurité. Cette décision, selon lui, permettra de faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire, d’évacuer les blessés et de stimuler la reprise économique locale.
Les organisateurs de la conférence ont rappelé que la crise humanitaire en RDC reste l’une des moins financées au niveau mondial.
Au 15 octobre 2025, seuls 16 % du plan de réponse humanitaire, estimé à 2,5 milliards de dollars, avaient été couverts, contre 53 % en 2024. Une baisse drastique des contributions, alors que plus de 21 millions de Congolais ont aujourd’hui besoin d’une assistance humanitaire d’urgence, selon les Nations unies.
Les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri concentrent la majorité des déplacés internes, estimés à plus de 7 millions de personnes, victimes des violences persistantes entre les Forces armées de la RDC (FARDC) et les groupes armés, dont la coalition M23/AFC soutenue par le Rwanda, selon Kinshasa. L’objectif de cette conférence, selon Paris, n’était pas uniquement financier : il s’agissait également de réaffirmer le lien indissociable entre la paix, la sécurité et le développement humain. « Il ne peut y avoir de paix durable sans justice, ni de stabilité sans solidarité », a insisté Emmanuel Macron.
« L’aide humanitaire est indispensable, mais elle ne remplacera jamais la paix. Nous appelons à un engagement ferme pour mettre fin aux ingérences extérieures et restaurer pleinement la souveraineté de la RDC », a-t-il déclaré. La Conférence de Paris marque ainsi une nouvelle étape diplomatique dans la recherche de solutions durables pour la région des Grands Lacs, avec la promesse d’un suivi régulier des engagements financiers et politiques pris par les partenaires internationaux.
Junior Kulele


