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Parlement et Rue : deux fronts, un enjeu

4 minutes ago
in Politique
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Parlement et Rue : deux fronts, un enjeu
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Deux rendez-vous politiques majeurs, un même jour, un même enjeu : la Constitution. Ce 15 septembre s’annonce comme une journée particulièrement sensible à Kinshasa. Pendant que les députés nationaux sont attendus au Palais du Peuple pour l’ouverture de la session ordinaire de septembre, l’opposition entend investir la rue pour dénoncer toute perspective de modification de la Loi fondamentale.

À la tête de la mobilisation de la coalition C64, Jean-Marc Kabund se veut déterminé. Face à ses militants, l’un des leaders du présidium de la coalition Article 64 a présenté cette marche comme un moment décisif dans la contestation contre le pouvoir en place. Prévue à l’échelle nationale, la manifestation doit, selon ses organisateurs, permettre au peuple de faire entendre son opposition à tout projet de changement constitutionnel.

Le mot d’ordre affiché se veut cependant pacifique. Thérèse Bagaya, membre de l’ACH, assure que les manifestants entendent marcher dans le calme et sous les consignes de leur leadership. Pas question, selon elle, de céder aux provocations. Un discours également porté par Jean-Marc Kabund : « Le pouvoir éternel n’existe pas et personne n’est fort toute sa vie. Personne n’a le monopole de la violence. Nous allons marcher pacifiquement, nous n’accepterons pas la provocation et nous ne la tolérerons pas. »

Mais derrière cet appel au calme, le ton politique demeure particulièrement offensif. Jean-Marc Kabund accuse le régime de Félix Tshisekedi de vouloir confisquer le pouvoir du peuple et affirme que la mobilisation du 15 septembre doit constituer un rempart contre toute tentative de changement de la Constitution. L’ancien président a.i. de l’UDPS affirme ainsi que les manifestants entendent se diriger vers le Palais du Peuple pour ce qu’il présente comme une « plénière populaire ».

Une expression politiquement forte, qui traduit la volonté de l’opposition de placer la mobilisation populaire au cœur du débat institutionnel. Le point de départ annoncé est notamment l’échangeur de Limete, présenté comme l’un des principaux points de rassemblement avant la progression vers le boulevard Triomphal et le secteur du Palais du Peuple.

Kabund revendique même la possibilité pour les manifestants d’atteindre l’enceinte du Parlement, tout en précisant qu’il ne s’agirait pas d’entrer dans la salle des plénières. « Le pouvoir a le devoir constitutionnel de nous laisser marcher de là où nous allons nous rassembler jusqu’à notre point de chute », soutient-il, appelant les militants à chanter, danser et prendre la parole dans ce qu’il qualifie de rassemblement du peuple souverain.

Face à cette mobilisation, l’Assemblée nationale a, de son côté, convoqué les députés nationaux à 13 heures pour la cérémonie d’ouverture de la session parlementaire de septembre. Une rentrée prévue par la Constitution et qui ouvre une nouvelle séquence de travail pour la chambre basse du Parlement. C’est donc cette proximité entre les deux événements qui cristallise les inquiétudes.

D’un côté, le Parlement reprend ses travaux au sein de l’institution ; de l’autre, l’opposition veut faire entendre sa voix dans la rue, avec le même Palais du Peuple comme point de convergence initialement revendiqué. Le dispositif sécuritaire sera dès lors scruté avec attention. La Police nationale congolaise devra encadrer une manifestation annoncée comme pacifique, tout en assurant la protection des personnes, des biens et des institutions.

Reste une question essentielle : les consignes de retenue suffiront-elles à empêcher les débordements dans une journée où vont se croiser mobilisation populaire, rentrée parlementaire et fortes tensions politiques ?
Le compromis finalement trouvé entre les organisateurs et les autorités sur l’itinéraire pourrait permettre de réduire les risques de confrontation. Mais la réussite de cette journée dépendra surtout du comportement de chacun : organisateurs, manifestants, forces de sécurité et institutions.

Le 15 septembre pourrait ainsi être bien plus qu’une simple journée politique. Il sera un test grandeur nature de la capacité de la démocratie congolaise à faire coexister le droit de manifester, le droit de gouverner et le devoir de protéger les institutions. Une journée à suivre de très près.

Elrick Elesse

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