Alors que les tensions persistent dans l’Est de la République Démocratique du Congo, les négociations de Doha entre le gouvernement congolais et la rébellion de l’AFC/M23 se poursuivent sous médiation qatarie. Intervenant lors d’un briefing presse ce mardi 2 septembre 2025, le Vice-premier ministre et ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, a affirmé que Kinshasa reste déterminé à respecter ses engagements.
« Le processus continue. L’équipe qui représente le gouvernement séjourne toujours à Doha, et les travaux se poursuivent avec l’appui du Qatar. Nous avons discuté de la libération des prisonniers, et nous abordons maintenant la question du cessez-le-feu. Je vous rassure : le blocage ne viendra pas du gouvernement », a-t-il déclaré.
Réagissant aux accusations de l’AFC/M23, qui reproche à Kinshasa de retarder la libération des prisonniers prévue dans la déclaration de principes signée à Doha, Shabani a souligné que les démarches avancent : « Le CICR a été désigné pour gérer cette opération et est déjà en contact avec les parties. En interne, le travail est en cours. Je ne peux pas entrer dans les détails, mais soyez convaincus : Kinshasa est pleinement engagé à faire avancer cette dynamique. » Le ministre a rappelé que des libérations de prisonniers avaient déjà eu lieu par le passé, tout en insistant sur le respect des procédures légales et du rôle du pouvoir judiciaire.
Depuis la prise de Goma et Bukavu par l’AFC/M23 soutenue par le Rwanda, plusieurs initiatives diplomatiques tentent d’apaiser les tensions. L’Accord de Washington, soutenu par les États-Unis, et le processus de Doha, piloté par le Qatar, sont les deux piliers d’une feuille de route pour un accord de paix global. Pourtant, les mesures de confiance prévues en août peinent à se concrétiser, mettant en péril le chronogramme fixé : la signature d’un accord de paix était prévue pour le 17 août 2025.
Kyabula dans l’incertitude… En juillet dernier, le Gouverneur du Haut-Katanga a été convoqué à Kinshasa pour ses propos « étranges » au sujet des » véritables ennemis de la RDC » (l’ex-président Kabila ou le Rwanda, Ndlr). Interrogé sur la date de son retour à Lubumbashi, Jacquemain Shabani a refusé de se prononcer, évoquant « un dossier en pleine instruction ». « Les services appropriés poursuivent leur travail pour sécuriser nos populations. Il n’y a pas lieu de s’inquiéter », a-t-il déclaré.
Depuis son rappel, le vice-gouverneur assure l’intérim, alors qu’un climat de confusion règne à la mairie de Lubumbashi, avec deux prétendants au poste de maire. Shabani a confirmé reconnaître Patrick Kafwimbi comme maire, dénonçant des incidents d’insubordination, tandis que la justice a officiellement installé Joyce Tunda Kazadi à ce poste le 1er septembre.
Parallèlement, Shabani a vivement réagi aux critiques de Joseph Kabila, qui accuse Félix Tshisekedi de refuser un dialogue national. « Monsieur Kabila, ancien Président, ne peut pas réclamer un dialogue alors qu’il a pris les armes contre la République. Il est derrière cette crise, il en est le chef de guerre », a asséné le VPM. Il a rappelé les souffrances des populations de l’Est, dénonçant « des millions de déplacés, des milliers de morts » et l’impossibilité d’organiser les élections de 2023 dans les territoires de Rutshuru et Masisi à cause de l’AFC/M23.
Junior Kulele


