L’initiative de la République démocratique du Congo de porter le différend qui l’oppose au Rwanda devant la Cour internationale de Justice (CIJ) continue de susciter des réactions sur la scène internationale. Parmi les soutiens les plus remarqués figure celui du Prix Nobel de la paix, le Dr Denis Mukwege, qui voit dans cette procédure une étape importante vers la reconnaissance des crimes commis dans l’est du pays.
Le médecin congolais a publiquement salué la décision du gouvernement congolais de saisir la CIJ pour dénoncer les violations présumées du droit international imputées au Rwanda depuis 1996, notamment des actes pouvant relever du génocide, des crimes contre l’humanité et d’autres graves violations des droits humains.
Tout en soutenant cette action judiciaire, Denis Mukwege estime qu’elle doit s’accompagner d’un véritable processus de justice pénale. Il plaide ainsi pour la création d’un Tribunal pénal spécial pour la RDC, conformément aux recommandations formulées dans le rapport Mapping des Nations Unies. Selon lui, seule une juridiction spécialisée permettra d’établir les responsabilités individuelles des auteurs des crimes les plus graves.
Le Prix Nobel appelle également la Cour pénale internationale (CPI) ainsi que les États attachés au principe de la compétence universelle à intensifier leurs efforts afin que les responsables présumés répondent de leurs actes devant la justice.
Pour rappel, la requête de la RDC a été déposée le 26 juin à la Cour internationale de Justice par le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko. Elle s’appuie sur plusieurs instruments juridiques internationaux, notamment la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, la Convention contre la torture ainsi que les conventions relatives à l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale et de discrimination à l’égard des femmes.
À travers cette procédure, Kinshasa entend obtenir la reconnaissance des violations alléguées du droit international et engager la responsabilité du Rwanda devant la plus haute juridiction des Nations Unies compétente pour trancher les différends entre États.
Elrick Elesse


