La Cour de cassation a décidé de renvoyer au mercredi 6 août la suite du procès de Constant Mutamba, ancien ministre de la Justice et député national, poursuivi pour détournement présumé de 19 millions de dollars américains, fonds alloués à la construction d’une prison à Kisangani.

Cette décision est intervenue à l’issue d’une audience dominée par l’audition d’un expert de l’Autorité de régulation des marchés publics (ARMP), venu expliquer en détail les procédures de passation des marchés publics en République démocratique du Congo.
Durant plusieurs heures, l’expert s’est exprimé devant la Cour, décrivant les mécanismes légaux et les pratiques courantes en matière de marchés publics. Il a notamment répondu aux interrogations de la Cour et de la défense, tout en évoquant certains marchés antérieurement conclus. Cette intervention a permis de contextualiser les faits reprochés à Constant Mutamba et de clarifier certains aspects techniques du dossier.
L’audience aurait dû se poursuivre avec l’audition des témoins. Plusieurs de ceux cités par le ministère public étaient présents dans la salle. Cependant, la défense a dénoncé une inégalité de traitement, affirmant que la plupart des témoins qu’elle avait sollicités n’avaient pas reçu de citation officielle de la part du greffier, contrairement à ceux du ministère public.
S’appuyant sur ce constat, les avocats de Constant Mutamba ont demandé un renvoi de l’audience, afin de permettre la comparution équitable de tous les témoins. La Cour a accédé à cette requête, décidant que tous les témoins seront entendus lors de la prochaine audience fixée au mercredi 6 août.
Par ailleurs, le Secrétaire général du CENAREF, Alder Kisula, dont la présence était attendue, a décliné sa comparution dans une lettre adressée à la Cour. Il a invoqué son impossibilité de témoigner sur une affaire dont il aurait eu connaissance dans le cadre de ses fonctions, conformément à la loi. Un refus contesté par la défense, qui exige sa comparution.
L’audience de mercredi s’annoncait décisive, avec la comparution annoncée de plusieurs personnalités politiques de premier plan, appelées à témoigner à la demande de Constant Mutamba. Parmi elles figurent : Judith Suminwa Tuluka, Première ministre, Jules Alingete, ancien Inspecteur général des finances, Rose Mutombo, ancienne ministre de la Justice. Ces témoignages pourraient peser lourd dans l’évaluation des responsabilités et des conditions dans lesquelles les 19 millions de dollars auraient été affectés ou détournés.
Constant Mutamba, figure politique montante et président du parti Nouvel Élan, est accusé d’avoir détourné des fonds publics dans le cadre d’un projet de construction d’infrastructure pénitentiaire à Kisangani. Il nie en bloc les faits qui lui sont reprochés et affirme être victime d’un règlement de comptes politique.


