Le procès de l’ancien ministre de la Justice, Constant Mutamba, poursuivi pour le détournement présumé de 19 millions de dollars américains, a pris une tournure inattendue ce mercredi à la Cour de cassation. En toile de fond : des accusations de partialité, des témoignages accablants, des absences remarquées, et une atmosphère de plus en plus politisée.
Les juges Otshudi et Kibamba, cités dans une requête de récusation introduite par l’accusé pour « partialité » et « intérêts personnels », ont choisi de se retirer d’eux-mêmes de la composition. Un retrait que l’on qualifie dans les couloirs du Palais de justice d’acte d’élégance judiciaire, dans un contexte de fortes tensions. Leur désistement, intervenu avant que la Cour ne statue formellement sur la récusation, a été considéré comme rendant la demande « sans objet ».
L’audience a été marquée par la déposition de Marie-Paule Mukadi, Directrice générale ad interim de la Direction générale de contrôle des marchés publics. Elle a affirmé que l’ancien ministre aurait exercé des pressions pour obtenir un marché de gré à gré, ce que Constant Mutamba a immédiatement contesté, qualifiant ces accusations de manipulations.
Plusieurs témoins attendus ont brillé par leur absence, ce qui a poussé la Cour à ordonner leur convocation pour les prochaines audiences. Ces absences nourrissent un climat de suspicion et d’incertitude autour du dossier.
Des sources proches du dossier, se présentant comme indépendantes, assurent qu’aucun détournement n’aurait été constaté, les fonds étant toujours logés dans les comptes bancaires de l’État. La société adjudicataire du contrat serait identifiée, et la procédure de passation suivie à 90 %, selon ces mêmes sources. Ces éléments jettent un flou sur les fondements réels de l’accusation, renforçant l’hypothèse d’un procès à charge politique.
Alors que la défense avait demandé la comparution de la Première ministre Judith Suminwa, la Cour a écarté cette possibilité pour “raison d’État”, selon les propos d’un des juges en charge du dossier. Une décision qui soulève de nombreuses interrogations dans l’opinion publique.
Les divergences dans les témoignages, le contexte tendu autour de la procédure, et l’implication d’acteurs politiques de premier plan laissent planer l’ombre d’un procès fortement politisé. L’image d’un procès impartial semble fragilisée à mesure que les audiences avancent. La prochaine étape est désormais fixée : rendez-vous le 13 août 2025, date de la prochaine audience, qui s’annonce décisive.
Jehovani Mulumba


