C’est une audience sous tension qui a accueilli, ce vendredi 24 octobre 2025, la première comparution d’Honorine Porsche, accusée d’être la tête pensante du braquage spectaculaire de la Rawbank à la Place Victoire, survenu le 16 octobre dernier. Face au tribunal militaire de garnison de la Gombe, cette femme à la personnalité énigmatique a surpris plus d’un en déclarant d’un ton calme : « Je suis divorcée, célibataire… Je suis athée, je ne crois pas en Dieu. »

Le procès, très attendu, a attiré une foule nombreuse : journalistes, curieux, avocats et proches des accusés se sont pressés dans pour assister à cette audience publique placée sous haute surveillance. L’affaire, qui mêle crime organisé, arme à feu et audace urbaine, symbolise la montée des nouvelles formes de criminalité à Kinshasa.
D’après la lecture des charges effectuée par le major-magistrat Freddy Eume Ampia, président du tribunal, Honorine Porsche est poursuivie pour trois infractions majeures :
Terrorisme ; Vol à main armée ; Association de malfaiteurs. Six autres prévenus comparaissent à ses côtés, accusés principalement de participation à un réseau criminel et de vol aggravé. Le butin du braquage, selon le parquet militaire, s’élèverait à 10 000 dollars américains — une somme emportée après une attaque méthodiquement planifiée au cœur de la ville.
Le président du tribunal a rappelé que la justice militaire ne tolérerait aucune tentative de manipulation ou de dissimulation des faits. Honorine Porsche, décrite par l’accusation comme le cerveau de l’opération, risque jusqu’à 20 ans de prison — voire la peine de mort si les faits de terrorisme sont établis. Les premiers échanges ont permis d’entrevoir une stratégie de défense centrée sur la contestation des preuves matérielles. L’avocat de la prévenue, Me Richard Makangila, a plaidé pour une instruction rigoureuse et dénoncé « une tentative de diabolisation d’une femme victime des préjugés de son époque ».
Pour beaucoup d’observateurs, ce procès dépasse le cadre judiciaire : il met en lumière la vulnérabilité du système bancaire, la montée des braquages urbains et la détermination des autorités à restaurer l’ordre public. Le ministère de la Défense et celui de la Justice suivent de près l’évolution de ce dossier emblématique, qui pourrait marquer un tournant dans la répression des crimes financiers armés.
La prochaine audience, prévue pour le 28 octobre, s’annonce décisive. Le tribunal entendra les premiers témoins et visionnera les images de surveillance recueillies par la police scientifique. Kinshasa retient son souffle, le procès d’Honorine Porsche s’impose déjà comme l’un des feuilletons judiciaires les plus marquants de l’année 2025.
Junior Kulele


