Le dialogue entre le gouvernement congolais et la rébellion de l’AFC/M23, censé reprendre cette semaine à Doha (Qatar), a été repoussé à la semaine prochaine, selon plusieurs sources proches du processus. Ce report du sixième round des discussions, surnommé « Doha 6 », intervient alors que les médiateurs qataris cherchent à consolider les acquis et à préparer un cadre solide pour la signature d’un accord de paix global entre les deux parties.
Ce cycle de négociations devait initialement succéder à la troisième réunion du comité mixte de suivi de l’accord de Washington, tenue la semaine dernière. Si aucune raison officielle n’a été communiquée pour justifier le report, des observateurs évoquent la nécessité de finaliser certains documents techniques liés au mécanisme de cessez-le-feu et aux mesures de confiance entre les belligérants.
« Les délégations du gouvernement de la RDC et du M23 se retrouveront au Qatar la semaine prochaine pour avancer sur le mécanisme de cessez-le-feu et sur la voie d’un accord de paix global », a confié une source diplomatique proche du dossier. Celle-ci précise que le Qatar continuera d’assurer la médiation et le soutien logistique, aux côtés des partenaires internationaux impliqués dans le processus.
Lors du dernier round tenu en août 2025, les discussions avaient porté sur l’échange de prisonniers et sur les dispositifs de surveillance du cessez-le-feu. Ces pourparlers avaient débouché sur la signature d’un mécanisme d’échange entre les deux camps, bien que sa mise en œuvre tarde encore. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a été désigné comme intermédiaire neutre pour superviser l’identification et la libération des détenus.
Le ministre d’État et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, a récemment insisté sur le caractère rigoureux du processus, précisant que les personnes impliquées dans des violations du droit international seraient exclues de ces échanges. Le processus de paix entre la RDC et le Rwanda, engagé dans la foulée de l’accord de Washington, accumule les retards et désaccords. Prévu pour démarrer dès juillet 2025 avec la création d’un mécanisme conjoint de coordination sécuritaire, il a été freiné par des divergences profondes sur le rôle du M23, le soutien présumé du Rwanda, et la neutralisation des FDLR.
Malgré la fixation du 1ᵉʳ octobre comme date de lancement du « Concept des opérations », le calendrier demeure flou. Sur le terrain, les affrontements se poursuivent entre les forces armées congolaises (FARDC), appuyées par les milices Wazalendo, et les combattants du M23 soutenus par le Rwanda.
Entre méfiance diplomatique et instabilité militaire persistante, le Processus de Doha reste fragile, mais essentiel pour ramener la paix dans l’Est de la RDC. Les médiateurs qataris et les partenaires internationaux misent sur ce prochain round pour transformer les engagements de principe en avancées concrètes. La semaine prochaine sera donc déterminante : soit elle marquera un pas décisif vers un cessez-le-feu effectif, soit elle confirmera la complexité d’un conflit où la diplomatie et les armes se disputent encore le terrain.
La rédaction de b-onetv.cd


