La République démocratique du Congo veut franchir un nouveau cap en matière de gestion des finances publiques. Ce mercredi, le vice-Premier ministre en charge du Budget, accompagné du ministre d’État au Plan, a réuni autour de lui plusieurs partenaires techniques et financiers afin de discuter des projections budgétaires pour l’exercice 2026.
Au cœur des échanges, la présentation d’une stratégie ambitieuse visant une mobilisation accrue des recettes publiques. Selon les projections, celles-ci devraient atteindre près de 63 milliards de francs congolais en 2026, avec pour objectif de doubler d’ici 2028 par rapport aux exercices précédents. Cette dynamique s’inscrit dans la volonté du gouvernement de renforcer ses marges de manœuvre financières pour investir dans les secteurs prioritaires tels que les infrastructures, l’éducation, la santé et la sécurité.
Autour de la table figuraient plusieurs bailleurs majeurs : l’Union européenne, la Banque africaine de développement (BAD), le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale, la GIZ et Enabel. Tous ont salué les efforts de Kinshasa, tout en rappelant les conditions indispensables pour garantir la crédibilité du processus budgétaire.
« Naturellement, en tant que partenaires, nous sommes là pour soutenir la RDC dans les réformes qu’elle conduit. Nous avons fait part de certaines de nos préoccupations qui vont dans le sens d’augmenter la transparence des exercices budgétaires afin de capter pleinement les recettes existantes », a déclaré Fabrice Basile, chef de mission adjoint de l’UE en RDC.
Les partenaires ont insisté sur plusieurs points prioritaires : la mise en place d’un compte unique du Trésor pour une meilleure traçabilité des flux financiers ; l’élaboration d’un budget réaliste et resserré, en phase avec les capacités réelles du pays ; le renforcement des mécanismes de contrôle pour limiter les fuites et lutter contre la corruption ; la nécessité d’un budget sincère, certifiable et conforme aux standards internationaux.
Au-delà des aspects techniques, les bailleurs ont aussi mis l’accent sur l’environnement des affaires. « Si la RDC souhaite attirer des partenaires fiables, elle doit offrir des garanties normatives solides pour les entreprises européennes et internationales désireuses d’investir dans le pays », ont-ils souligné.
Ces discussions s’inscrivent dans une logique d’accompagnement des réformes congolaises. Les institutions financières et partenaires techniques se disent prêts à accroître leur appui, à condition que la RDC poursuive ses efforts vers une gouvernance financière plus rigoureuse. En toile de fond, l’objectif reste clair : transformer la croissance des recettes en développement durable, au bénéfice des secteurs stratégiques et de la population congolaise.
Debhorah Ngwala


