Le quartier Congo, comme bon nombre d’autres entités de la ville de Kinshasa, est aussi infesté par son lot de Kuluna. Cependant, dans ce domaine qui relève hautement des services de sécurité, il est important de bien définir les différentes catégories de délinquants. Contrairement aux bandits de tout bord, le Kuluna est un membre d’une famille, il habite chez ses parents, et présente une image d’un jeune normal, peut-être un rien chanvré, souvent imbibé d’alcool, parfois tapageur, voire, chapardeur.
Le Kuluna, de par ces faits, ne s’attaque quasi-jamais aux habitants du même quartier ou de la même commune. En d’autres termes, le Kuluna, tient plus du voyou que du bandit ou d’un criminel. Mais, cela ne veut pas dire, que le Kuluna est un agneau, qui ne présente aucun danger pour la paisible population. En effet, lorsqu’ils s’organisent en gang, c’est-là que le danger monte d’un cran.
Selon le sociologue Gustave LeBon, spécialiste des phénomènes de la foule active, quelqu’un qui passe de l’isolement à une foule, change de comportement.De doux, lorsqu’il est esseulé, il peut devenir violent et subit ainsi, une véritable métamorphose. C’est exactement ce qui se passe avec beaucoup de jeunes du quartier Congo.
Mais, le phénomène pourrait être facilement endiguer, mais, les parents, qui croient, logiquement, que, leur garçon va changer avec le temps, coopèrent avec la police, pour le soustraire à la correctionnelle. Encore que, il semblerait que des jeunes délinquants emprisonnés avec d’autres personnes, dont des criminels, franchissent le cap en devenant alors des véritables bandits, du fait de cet environnement malsain, mais, c’est-là, un tout autre débat, qui vaut, sans doute, tout son pesant d’or.
Pascal Hamici


