Devant une foule rassemblée ce samedi 27 septembre 2025 à Matete, l’opposant congolais Delly Sesanga, président du parti Envol, a lancé un avertissement clair au chef de l’État Félix-Antoine Tshisekedi. Pour lui, toute tentative de prolonger le mandat présidentiel au-delà des limites fixées par la Constitution serait une menace directe contre la démocratie congolaise.
Dans son discours, Sesanga a rappelé que le mandat actuel du Président Tshisekedi arrivait à échéance dans 1 180 jours. « Ce mandat, a-t-il martelé, n’apporte ni la paix, ni la prospérité au peuple congolais. Il s’éloigne des priorités réelles de nos concitoyens ». Et d’ajouter avec fermeté : « Il n’y aura ni changement, ni modification de la Constitution, encore moins un troisième mandat ».
L’opposant a exhorté les forces politiques, sociales et citoyennes à rester vigilantes et à se mobiliser contre ce qu’il qualifie de « projet funeste » visant à tester l’opinion en faveur d’un changement constitutionnel. Pour lui, ce combat doit être celui de toute la nation afin de préserver les acquis démocratiques chèrement obtenus.
Au-delà de la question du mandat présidentiel, Sesanga a dénoncé un climat politique marqué par la répression et la restriction des libertés. Il a cité l’assassinat de Chérubin Okende en juillet 2023, exigeant une enquête indépendante pour que lumière soit faite et justice rendue. Il a également fustigé la suspension de 90 jours infligée par le CSAC à l’opposant Parole Kazemilo, estimant qu’il s’agissait d’une manœuvre pour réduire les voix dissidentes au silence.
« Aujourd’hui, a-t-il souligné, beaucoup de ceux qui critiquent le pouvoir sont contraints de se taire ou de s’exiler. Cette dynamique autoritaire mine gravement les fondements de la démocratie congolaise en étouffant le débat public et en privant la société d’un véritable contre-pouvoir. »
Pour Delly Sesanga, le risque est double : d’un côté, un pouvoir tenté par le verrouillage institutionnel ; de l’autre, une société fragilisée par les exils, l’autocensure et l’absence de dialogue. « Nous devons refuser ce glissement autoritaire et protéger la démocratie congolaise », a-t-il conclu sous les applaudissements de ses partisans.
Elrick Elesse


