Malgré un climat sécuritaire toujours instable, les élèves finalistes de la ville de Beni (Nord-Kivu) s’apprêtent à affronter, avec courage et détermination, la session ordinaire de l’Examen d’État qui débute ce lundi sur toute l’étendue du territoire national.
Dans plusieurs centres de passation visités à Beni, les candidats se sont dits prêts à affronter les épreuves, tout en exprimant leurs inquiétudes liées à l’insécurité chronique qui pèse depuis des années sur leur région. L’ombre des attaques armées, des déplacements forcés et du traumatisme collectif continue de hanter les esprits, y compris dans les salles de classe.
« Nous avons étudié dans des conditions difficiles, mais nous sommes déterminés à réussir. Ce diplôme représente beaucoup pour notre avenir », confie une élève rencontrée à l’un des centres du centre-ville.
Pour de nombreux candidats, la sécurité demeure une priorité absolue. Ils craignent que des actes de violence ou des perturbations logistiques viennent affecter leur concentration ou compromettre le bon déroulement des épreuves.
Jeannot Kangwana, coordonnateur du Comité des Élèves de Beni (COCEB), a lancé un appel fort aux autorités : « Nous demandons la protection des centres d’examen, un accompagnement psychologique pour les élèves issus des zones de conflit, le soutien moral des enseignants, et surtout une lutte ferme contre la tricherie et la corruption. Il faut garantir un Examen d’État juste et crédible », a-t-il déclaré.
Face à ces préoccupations, la Police nationale congolaise affirme avoir mis en place un plan de sécurité spécifique pour cette session d’examen. Le porte-parole de la Police à Beni, Nasson Murara, a rassuré que des agents seront déployés dans tous les centres de passation, afin d’assurer la sécurité des élèves, encadreurs et inspecteurs. « Nous appelons tous les élèves à garder leur calme et à se concentrer sur leurs épreuves. Toute tentative de trouble, de tricherie ou de désordre sera sévèrement réprimée », a-t-il averti.
Dans un territoire souvent meurtri par les violences armées, le simple fait de se présenter aux examens constitue déjà un acte de bravoure. Pour ces jeunes de Beni, cet Examen d’État est bien plus qu’une formalité scolaire : c’est une affirmation de leur droit à l’avenir, à la paix, et à la dignité.
Alors que les premières épreuves s’ouvrent, la nation a les yeux tournés vers Beni, symbole d’une jeunesse résiliente qui, malgré les épreuves, refuse d’abandonner l’espoir.
Pascal Nduyiri, Correspondant au Nord-Kivu


