Le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a donné des instructions fermes pour mettre un terme à la présence des militaires et des policiers dans les sites d’exploitation minière à travers toute la République démocratique du Congo. La mesure vise à faire respecter la législation minière, renforcer l’autorité de l’État et lutter contre les dérives qui alimentent depuis plusieurs années l’exploitation illégale des ressources naturelles.
Cette décision, qualifiée de « définitive », intervient dans un contexte où de nombreux rapports nationaux et internationaux dénoncent l’implication de certains éléments des forces de défense et de sécurité dans la sécurisation informelle de carrières minières, la perception de taxes illégales ou encore l’exploitation clandestine de minerais stratégiques.
Selon les orientations du chef de l’État, aucune unité des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ni de la Police nationale congolaise (PNC) ne devra désormais assurer la garde ou intervenir dans des sites miniers en dehors des missions expressément prévues par la loi.
Le gouvernement est ainsi appelé à veiller à l’application stricte du Code minier et des textes réglementaires qui réservent l’encadrement des activités minières aux services civils compétents, notamment l’administration des Mines, le Service d’assistance et d’encadrement des mines artisanales et à petite échelle (SAEMAPE), les services de contrôle ainsi que les autorités provinciales.
Dans plusieurs provinces minières, notamment le Lualaba, le Haut-Katanga, le Haut-Uélé, l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Maniema, le Tanganyika ou encore le Kasaï Oriental, des organisations de la société civile ont régulièrement dénoncé la présence de militaires ou de policiers dans les exploitations artisanales et industrielles.
Ces présences ont souvent été associées à des extorsions, au contrôle illégal de puits miniers, à des conflits avec les exploitants artisanaux, à la contrebande de minerais et, dans certaines zones en conflit, au financement de groupes armés par le commerce illicite de l’or, du coltan, de la cassitérite ou encore de la wolframite.
L’exploitation minière constitue l’un des principaux moteurs de l’économie congolaise. La RDC est le premier producteur mondial de cobalt et figure parmi les plus importants producteurs de cuivre, tout en détenant d’importantes réserves de coltan, d’or, de lithium, d’étain et d’autres minerais critiques indispensables à la transition énergétique mondiale.
Face à l’augmentation de la demande internationale pour ces minerais stratégiques, les autorités congolaises entendent améliorer la gouvernance du secteur afin de maximiser les recettes publiques, renforcer la traçabilité de la production et attirer davantage d’investissements responsables. Si cette décision présidentielle est largement saluée comme un signal fort en faveur de la bonne gouvernance, sa mise en œuvre représente un défi considérable.
Les autorités devront assurer le retrait effectif des éléments concernés, renforcer les mécanismes de contrôle, lutter contre les réseaux de corruption et empêcher toute réinstallation clandestine des forces de sécurité dans les sites miniers. Cette réforme devra également s’accompagner d’un meilleur encadrement de l’exploitation artisanale, d’une sécurisation des zones minières par des dispositifs conformes à la loi et d’un renforcement des capacités des services civils chargés de la surveillance du secteur.
À travers cette décision, le président Félix Tshisekedi réaffirme sa volonté de restaurer l’autorité de l’État sur les ressources naturelles du pays, de promouvoir une exploitation plus transparente des richesses minières et de faire en sorte que celles-ci contribuent davantage au développement économique et social de la République démocratique du Congo.
La rédaction de b-onetv.cd


