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RDC – FMI : entre guerre à l’Est et urgence sanitaire, Kinshasa sollicite un nouveau souffle financier

53 minutes ago
in Finances
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RDC – FMI : entre guerre à l’Est et urgence sanitaire, Kinshasa sollicite un nouveau souffle financier
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La guerre dans l’Est et la riposte contre Ebola imposent une pression supplémentaire sur les finances publiques congolaises. Face à ces dépenses imprévues, le gouvernement cherche à élargir ses marges budgétaires et à mobiliser davantage de ressources auprès du Fonds monétaire international. À la clé, un financement potentiel de 771 millions de dollars américains, dont une enveloppe destinée à soutenir la lutte contre l’épidémie.

Deux fronts, une même équation financière : comment continuer à financer le fonctionnement de l’État, répondre aux urgences sanitaires et faire face aux exigences sécuritaires dans un contexte de ressources budgétaires sous tension ? Pour la République démocratique du Congo, la réponse passe aussi par un renforcement de son partenariat avec le Fonds monétaire international (FMI).

Au terme de consultations menées à Kinshasa du 22 octobre au 4 novembre 2026, une équipe de l’institution de Bretton Woods, conduite par Calixte Ahokpossi, a relevé les difficultés supplémentaires auxquelles le Trésor public est confronté. La persistance des affrontements dans les provinces orientales et les dépenses engagées pour contenir Ebola constituent désormais deux facteurs majeurs de pression sur l’équilibre budgétaire.

Si les autorités ont réussi à maintenir le déficit budgétaire national sous le seuil fixé à la fin du premier semestre 2026, la situation apparaît plus délicate pour les derniers mois de l’exercice. Le FMI appelle ainsi à accélérer les mesures destinées à améliorer les recettes de l’État, tout en renforçant la discipline dans les dépenses publiques.

L’institution recommande notamment une meilleure maîtrise des charges salariales et une réduction des dépenses jugées non prioritaires. Un message qui traduit une préoccupation centrale : éviter que la multiplication des urgences ne fragilise davantage les équilibres macroéconomiques du pays. Mais Kinshasa ne souhaite pas porter seul le poids de ces contraintes.

Le gouvernement a sollicité un réaménagement des plafonds de déficit pour 2026 et 2027, ainsi qu’un accès plus important aux mécanismes de financement du FMI. L’objectif est de disposer de ressources supplémentaires pour absorber les conséquences économiques et financières des crises sécuritaires et sanitaires. Une attention particulière est accordée à la riposte contre Ebola.

Les autorités souhaitent renforcer leurs capacités de prévention, de surveillance et d’intervention face aux épidémies, afin de limiter leurs conséquences sur les populations et sur l’économie nationale. Dans cette perspective, le gouvernement a demandé un soutien accru à travers les mécanismes spécifiques de financement des urgences sanitaires. Ces requêtes doivent encore être examinées par les instances dirigeantes du FMI.

771 millions de dollars attendus : un accord encore soumis à validation

Les discussions ont néanmoins débouché sur une avancée importante. Les services du FMI et les autorités congolaises ont trouvé un accord de principe concernant la quatrième évaluation du programme soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC) et la troisième revue de celui consacré à la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD).

Sous réserve de l’approbation de la direction et du Conseil d’administration du Fonds, dont l’examen est provisoirement attendu en décembre 2026, la RDC pourrait bénéficier d’un décaissement global d’environ 771 millions de dollars américains. Selon le ministre des Finances, Doudou Fwamba, quelque 240 millions de dollars de cette enveloppe seraient consacrés au financement de la riposte contre Ebola pour la phase 2026.

Cette perspective financière constitue un appui potentiel pour les autorités, mais elle intervient avec son lot d’exigences. Le FMI insiste sur la nécessité de poursuivre les réformes structurelles, particulièrement dans la gestion des ressources publiques.

Parmi les priorités figurent la limitation des dépenses engagées selon des procédures exceptionnelles, l’extension de la décentralisation des autorisations de dépenses au sein des ministères, l’achèvement du déploiement du Compte unique du Trésor et une meilleure rationalisation des fonds spéciaux et des organismes publics.

Derrière ces recommandations se dessine une exigence de gouvernance : mobiliser davantage de ressources, certes, mais surtout garantir que chaque dollar dépensé réponde à une nécessité clairement identifiée et puisse faire l’objet d’un contrôle transparent.

La résilience climatique, autre pilier du partenariat

L’accord avec le FMI ne se limite pas aux urgences immédiates. À travers la Facilité pour la résilience et la durabilité, l’institution accompagne également les ambitions environnementales de la RDC. Le programme vise notamment à renforcer la capacité du pays à faire face aux effets du changement climatique, à protéger ses immenses ressources forestières et à mieux intégrer les impératifs environnementaux dans les politiques d’investissement public.

Depuis janvier 2025, les deux partenaires sont engagés dans un programme triennal destiné à consolider la stabilité macroéconomique, améliorer le climat des affaires, renforcer la gouvernance et soutenir une croissance plus inclusive. Pour Kinshasa, l’enjeu est désormais de concilier trois impératifs : financer la sécurité dans un pays confronté à la guerre, protéger les populations contre les urgences sanitaires et préserver les équilibres économiques.

Les 771 millions de dollars annoncés représentent une perspective de financement considérable. Mais leur mobilisation effective dépend encore du feu vert des instances compétentes du FMI. Surtout, leur efficacité se mesurera à leur capacité à répondre aux urgences sans compromettre la discipline budgétaire.

Car pour la RDC, le défi ne consiste plus seulement à trouver de l’argent pour faire face aux crises. Il consiste également à transformer les financements mobilisés en résultats concrets pour les populations, dans un contexte où chaque dépense publique est appelée à compter.

La rédaction de b-onetv.cd

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