Le ministre d’État en charge de la Justice et garde des sceaux, Guillaume Ngefa, a réaffirmé mercredi soir la souveraineté de la justice congolaise pour enquêter et juger les crimes commis sur le territoire national, y compris ceux attribués aux troupes rwandaises.
« Nous avons la souveraineté de l’administration de la justice et notre justice est compétente pour ouvrir des enquêtes sur les crimes commis par les troupes rwandaises sur notre sol. Les crimes ont été commis et la responsabilité des troupes rwandaises a été établie », a déclaré Guillaume Ngefa lors d’un briefing de presse conjoint avec Patrick Muyaya, ministre de la Communication et Médias.
Le ministre a insisté sur le fait que toutes les infractions commises en RDC, qu’elles relèvent du droit pénal international ou de la législation nationale, feront l’objet de poursuites sans distinction des auteurs. Au-delà de la question sécuritaire, Guillaume Ngefa a dressé un tableau sans complaisance du système judiciaire congolais. Selon lui, la justice est perçue comme « manquant d’indépendance », gangrenée par « la corruption », confrontée à « un déficit d’infrastructures » et à « de mauvaises conditions carcérales ».
Face à ce constat, le ministre a fixé ses priorités : « La corruption, c’est vraiment une priorité numéro un en ce qui me concerne. Et pour lutter contre la corruption dans le secteur de la justice, je dois collaborer avec le Conseil supérieur de la magistrature », a-t-il martelé. Pour Guillaume Ngefa, la lutte contre la corruption doit s’étendre à toute la chaîne judiciaire, incluant magistrats, avocats, greffiers, huissiers et autres acteurs du système. « Il faut des sanctions », a-t-il insisté.
Le ministre a également annoncé son ambition de moderniser l’administration judiciaire par la digitalisation. Cette réforme devrait, selon lui, améliorer la transparence, accélérer les procédures et restaurer la confiance des citoyens dans la justice congolaise.


