Les portes de Makala se sont refermées derrière lui. Samedi 20 septembre, Jacky Ndala, opposant politique et ancien coordonnateur de la jeunesse d’Ensemble pour la République, a recouvré la liberté provisoire. Décision du Tribunal de paix de Kinshasa/Kinkole, rendue jeudi dernier, au motif de raisons sanitaires impérieuses.
C’est la fin – provisoire – de plus de dix mois derrière les barreaux. Dix mois d’une incarcération marquée par des conditions éprouvantes et une santé en chute libre, au point d’inquiéter avocats, proches et société civile. Arrêté le 6 novembre 2024 pour « propagation de fausses rumeurs », Ndala avait été condamné à deux ans et demi de servitude pénale. Un verdict jugé purement politique par ses soutiens, dans un climat où plusieurs figures de l’opposition ont dénoncé une justice instrumentalisée par le pouvoir.
À Makala, prison symbole des dérives du système pénitentiaire congolais – surpopulation, insalubrité, manque de soins – l’opposant avait lancé l’alerte. Sa santé s’était dégradée au point de nécessiter une hospitalisation récente. Le 8 septembre, il rédigeait même un testament, appel déchirant à la persévérance pour la justice et la liberté en RDC, convaincu de ne pas survivre à sa détention.
Aujourd’hui dehors, Jacky Ndala incarne plus que jamais le visage d’une opposition fragilisée mais déterminée. Sa libération n’efface ni sa condamnation, ni le climat de répression qui pèse sur les voix critiques depuis les dernières élections. Mais pour ses partisans, elle sonne comme un souffle d’espoir, une victoire arrachée de haute lutte.
Junior Kulele


