En République démocratique du Congo, la diplomatie française se déplace aussi sur le terrain des crises. Après une première visite effectuée au lendemain de l’offensive de l’AFC/M23 ayant conduit à la prise de Goma, le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, est attendu en RDC les 2 et 3 octobre 2026. Son déplacement doit le conduire notamment à Bunia, en Ituri, épicentre de l’épidémie d’Ebola.
Annoncée par le Quai d’Orsay, cette visite est présentée comme un déplacement à triple dimension : diplomatique, humanitaire et sanitaire. Paris entend ainsi approfondir ses relations bilatérales avec Kinshasa tout en marquant son engagement aux côtés des autorités congolaises et des acteurs mobilisés face à la crise sanitaire. « Il se déplace pour renforcer les liens de la relation bilatérale et de l’agenda du renouveau », a expliqué le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Pascal Confavreux.
Jean-Noël Barrot doit également se rendre à Bunia, où sévit l’épidémie d’Ebola, devenant, selon le Quai d’Orsay, le premier ministre européen des Affaires étrangères à se rendre en RDC depuis le début de cette épidémie. Le déplacement en Ituri donne à cette mission une portée particulière. La France veut afficher son soutien aux autorités locales, aux Nations unies, aux organisations humanitaires et aux équipes médicales engagées dans la riposte.
Paris entend également renforcer son appui à la recherche et aux efforts visant à développer de nouveaux vaccins, tout en soutenant les organisations qui interviennent directement auprès des populations touchées. Pour le Quai d’Orsay, la lutte contre Ebola ne relève pas uniquement d’une réponse nationale. Elle constitue également un enjeu international de prévention sanitaire. « La prévention des épidémies et des pandémies se joue parfois très loin de nos frontières », a souligné Pascal Confavreux.
La France rappelle par ailleurs que cette crise sanitaire survient dans un environnement particulièrement fragile. Selon les données avancées par le ministère français, l’épidémie actuelle est la plus meurtrière parmi les 17 épidémies d’Ebola enregistrées en RDC, avec près de 3 900 décès. Elle se développe parallèlement à une situation sécuritaire difficile et à la présence d’autres maladies, notamment le choléra et le Mpox, qui compliquent la surveillance et la prise en charge des patients.
Si Ebola constitue l’un des principaux motifs de l’étape de Bunia, la question sécuritaire reste en arrière-plan de cette visite. L’Est de la RDC demeure marqué par les affrontements et les déplacements de populations, dans un contexte où plusieurs initiatives diplomatiques cherchent à favoriser une issue politique au conflit.
Le déplacement de Jean-Noël Barrot intervient ainsi à la croisée de deux urgences : répondre à une crise sanitaire qui frappe durement les populations et maintenir l’engagement diplomatique français en faveur de la stabilité dans la région des Grands Lacs. Quelques jours avant l’ouverture, à Paris, de la 7ᵉ conférence nationale humanitaire, cette visite entend également donner une dimension concrète à l’engagement français en faveur des populations affectées par les crises.
De Kinshasa à Bunia, le message français se veut donc double : consolider le partenariat avec la RDC et porter l’aide internationale au plus près des zones où se concentrent les urgences humanitaires et sanitaires.
La rédaction de b-onetv.cd


