La République démocratique du Congo fait face à une progression préoccupante de sa 17e épidémie de maladie à virus Ebola. Plus de deux mois après sa déclaration officielle, la flambée actuelle affiche des chiffres qui la rapprochent dangereusement de la dixième épidémie, la plus meurtrière et la plus importante jamais enregistrée dans le pays.
Selon les dernières données du Centre des opérations d’urgence de santé publique (COUSP) et de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), arrêtées au 25 juillet, la RDC totalise 3.200 cas confirmés et 1.405 décès liés à cette épidémie déclarée le 15 mai dernier. Le virus est désormais présent dans cinq provinces, témoignant d’une propagation qui continue d’inquiéter les autorités sanitaires.
À seulement 270 cas du record national
La comparaison avec la dixième flambée est particulièrement révélatrice. Entre août 2018 et juin 2020, l’épidémie qui avait frappé le Nord-Kivu et l’Ituri avait enregistré 3.470 cas confirmés, 2.287 décès et 1.171 survivants. Elle demeure, à ce jour, la plus grave crise Ebola jamais connue par la RDC et la deuxième plus importante au monde, derrière celle de l’Afrique de l’Ouest entre 2014 et 2016.
Avec seulement 270 cas d’écart entre les deux épidémies, la flambée actuelle pourrait rapidement devenir la plus importante de l’histoire du pays si la transmission n’est pas freinée. L’Ituri demeure l’épicentre de cette crise sanitaire. La province concentre 2.848 cas confirmés, soit près de 89 % de l’ensemble des infections recensées, ainsi que 1.184 décès.
Outre l’Ituri, le virus circule également dans le Nord-Kivu, le Haut-Uélé, le Sud-Kivu et la Tshopo. Les autorités indiquent que 47 des 48 zones de santé affectées enregistrent encore une transmission active, preuve que l’épidémie est loin d’être maîtrisée. Les experts du COUSP estiment que la RDC se trouve encore dans une phase de « transmission soutenue ». L’un des principaux défis reste le suivi des personnes ayant été en contact avec les malades.
Le taux national de suivi des contacts est actuellement évalué à 77,8 %, bien en dessous du seuil opérationnel recommandé de 95 %, un indicateur essentiel pour interrompre les chaînes de transmission. La dixième épidémie, déclarée le 1er août 2018, s’était déroulée dans un contexte particulièrement difficile marqué par l’insécurité persistante dans l’Est du pays.
Malgré ces contraintes, elle avait permis des avancées majeures dans la lutte contre Ebola, notamment grâce à la vaccination de plus de 303.000 personnes et à l’utilisation, pour la première fois à grande échelle, de traitements spécifiques contre le virus. Officiellement déclarée terminée le 25 juin 2020 par l’OMS, cette flambée reste une référence en matière de riposte sanitaire.
Aujourd’hui, alors que la 17e épidémie poursuit sa progression, les autorités congolaises et leurs partenaires internationaux intensifient les efforts de surveillance, de prise en charge et de vaccination afin d’éviter que cette nouvelle crise ne dépasse le bilan historique de 2018-2020 et n’alourdisse davantage le coût humain de cette maladie redoutable.
JK


