Le dernier rapport de l’Office de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) met en lumière une situation toujours préoccupante dans l’Est de la République démocratique du Congo. Si 46 incidents visant des travailleurs humanitaires ont été recensés en septembre 2025, contre 80 en août, cette apparente accalmie ne reflète pas la gravité croissante des attaques.
Derrière cette baisse numérique se dissimule en effet une intensification de la violence : rien qu’en septembre, 10 enlèvements et 3 blessés ont été enregistrés, traduisant un climat d’insécurité toujours plus pesant. Depuis le début de l’année, l’OCHA dénombre 436 incidents contre le personnel humanitaire. Le bilan est lourd : 13 morts, 25 blessés et 29 enlèvements. Ces chiffres illustrent les dangers auxquels font face les acteurs humanitaires, contraints d’opérer dans des zones où les conflits armés et l’insécurité chronique rendent chaque mission risquée.
Le rapport note que la typologie des incidents reste similaire aux mois précédents. Les cambriolages, vols et intrusions constituent 37 % des cas, suivis des restrictions d’accès et interférences (34 %) et des intimidations, menaces et agressions physiques (25 %). Ces tendances confirment la pression constante qui pèse sur les opérations humanitaires, tant sur le plan logistique que sécuritaire.
Face à cette situation, les Nations unies plaident pour un renforcement des mesures de sécurité et un accès humanitaire garanti dans les provinces de l’Est. Sans cela, préviennent-elles, la capacité des organisations à fournir une aide efficace aux populations vulnérables risque d’être gravement compromise. En dépit des dangers, les humanitaires demeurent sur le terrain — symbole d’un engagement sans relâche au service des vies les plus fragiles.
Elrick Elesse


