La Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (Monusco) se prépare à reprendre progressivement ses opérations dans la province du Sud-Kivu, avec un premier déploiement prévu à Uvira. L’annonce a été faite ce mardi par Jean-Pierre Lacroix, Secrétaire général adjoint des Nations unies aux opérations de paix, actuellement en visite officielle en RDC.
Ce redéploiement s’inscrit dans le cadre du mécanisme de vérification du cessez-le-feu, un sujet que le haut responsable onusien a abordé lors d’une rencontre avec le président Félix Tshisekedi à Kinshasa. La Monusco s’était retirée du Sud-Kivu en 2024 dans le cadre du processus de désengagement progressif de la mission onusienne. Son retour à Uvira marque donc une nouvelle phase dans l’engagement de l’ONU en faveur de la stabilisation de l’Est congolais, confronté à une recrudescence des violences armées.
Jean-Pierre Lacroix a précisé que le redéploiement se fera par étapes, en commençant par des missions de reconnaissance aérienne destinées à cartographier la zone et à évaluer les conditions sécuritaires. Le responsable onusien a insisté sur la nécessité d’obtenir des garanties sécuritaires avant toute opération aérienne. « Nous devons avoir des garanties sécuritaires. On n’enverra pas nos hélicoptères voler avec notre personnel avec des risques de brouillage ou de drones dans le voisinage immédiat », a-t-il déclaré.
Il a indiqué avoir sollicité l’appui de la communauté diplomatique pour accélérer l’obtention de ces garanties, condition préalable au lancement effectif des opérations vers Uvira. Les vols de reconnaissance devraient partir de Goma, ville actuellement sous le contrôle du groupe armé AFC/M23, dont l’aéroport est fermé depuis plus d’un an.
Cette situation complique la logistique du redéploiement et souligne les défis sécuritaires persistants dans la région. Après la phase aérienne, la Monusco prévoit un déploiement progressif de troupes au sol. Celui-ci commencera de manière limitée avant de monter en puissance en fonction de l’évolution de la situation sécuritaire et des besoins opérationnels.
Ce redéploiement à Uvira constitue un signal fort de la volonté de la communauté internationale de soutenir les efforts de paix en RDC. Toutefois, sa réussite dépendra de la coopération des acteurs régionaux, du respect du cessez-le-feu et de l’amélioration des conditions sécuritaires sur le terrain.
La rédaction de b-onetv.cd


