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RDC : la MONUSCO appelle au dialogue et à la concrétisation des engagements de paix

4 minutes ago
in Diplomatie
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RDC : la MONUSCO appelle au dialogue et à la concrétisation des engagements de paix
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Entre la guerre qui persiste dans l’Est et les divergences qui traversent la classe politique, les appels au dialogue se multiplient en RDC. Devant le Conseil de sécurité des Nations unies, le chef de la MONUSCO, James Christopher Swan, a appelé les acteurs congolais à privilégier le dialogue, la bonne foi et la recherche du consensus pour surmonter les désaccords politiques et contribuer à la refondation de l’État.

Le Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU s’exprimait mardi 29 septembre 2026, lors du briefing trimestriel du Conseil de sécurité consacré à la situation en République démocratique du Congo. Pour James Swan, la crise sécuritaire et humanitaire dans l’Est ne doit pas occulter les tensions qui persistent sur le plan politique, notamment autour de la gouvernance et des réformes institutionnelles.

« Parallèlement à la crise sécuritaire et humanitaire qui continue d’affecter le pays, des divergences politiques persistent sur certaines questions liées à la gouvernance et aux réformes institutionnelles », a-t-il déclaré. Le chef de la MONUSCO estime toutefois qu’un consensus se dégage autour de la nécessité d’un dialogue national. Il a, dans ce contexte, salué l’annonce faite en août par le président Félix Tshisekedi concernant le lancement d’un tel processus.

Un dialogue qui se veut inclusif

James Swan insiste sur un point : le processus devra être ouvert à l’ensemble des parties prenantes et permettre de rechercher un consensus sur les principales questions auxquelles le pays est confronté. Il appelle ainsi les acteurs politiques et sociaux congolais à s’y engager de bonne foi, dans l’objectif de contribuer à la paix, à la cohésion nationale et à la consolidation de l’État.

Le président Félix Tshisekedi a présenté ce dialogue comme un processus destiné à s’attaquer aux causes structurelles de l’instabilité en RDC. Annoncé pour une durée maximale de trois mois, il entend, selon la Présidence, se démarquer des précédents forums politiques souvent associés à des arrangements entre acteurs. Autre particularité annoncée : son ancrage territorial. Le processus doit commencer par des consultations dans les provinces avant la tenue des assises nationales à Kinshasa.

Washington et Doha : passer des engagements aux actes

Au-delà de la scène politique intérieure, James Swan a également appelé les parties engagées dans les processus de Washington et de Doha à intensifier leurs efforts. Plus d’un an après l’occupation de Goma et de Bukavu par l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda selon Kinshasa et plusieurs partenaires internationaux, les initiatives diplomatiques engagées pour mettre fin à la crise peinent encore à produire des effets suffisamment visibles sur le terrain.

La MONUSCO exhorte donc les différentes parties à traduire les engagements pris en résultats concrets. « Je voudrais exhorter toutes les parties à rester pleinement engagées dans les processus de paix de Washington et de Doha, ainsi que dans les efforts menés sous l’égide de l’Union africaine », a déclaré James Swan devant le Conseil de sécurité.

Il les encourage également à poursuivre leurs efforts afin que les engagements souscrits produisent des avancées « concrètes et tangibles », susceptibles d’améliorer durablement les conditions de vie de la population congolaise.

L’Union africaine poursuit sa médiation

Parallèlement aux processus de Washington et de Doha, l’Union africaine poursuit ses efforts diplomatiques à travers son médiateur, Faure Gnassingbé, et ses cinq co-facilitateurs. Selon James Swan, une réunion de planification organisée à Gaborone en juillet a permis d’élaborer une feuille de route destinée à harmoniser les différentes initiatives de l’Union africaine.

Un plan d’action couvrant une période de six mois, jusqu’en décembre 2026, a également été adopté. La MONUSCO dit rester en contact avec l’Union africaine et son médiateur et se tenir prête à soutenir la mise en œuvre de cette feuille de route, à la demande de l’organisation panafricaine.

Le dialogue national face aux divergences internes

Sur le front intérieur, cependant, l’initiative présidentielle ne fait pas l’unanimité. Une partie de l’opposition et certains acteurs de la société civile contestent le format et les modalités du dialogue, tandis que le pouvoir défend un processus destiné à favoriser la cohésion nationale et à renforcer les institutions. Les divergences portent notamment sur la composition des participants, les modalités d’organisation, l’agenda ainsi que les questions à inscrire à l’ordre du jour.

La situation sécuritaire dans l’Est devrait également occuper une place importante dans les discussions. Pour Kinshasa, la question du Rwanda et celle de l’AFC/M23 demeurent au cœur de la crise actuelle. Alors que le comité préparatoire du dialogue national est progressivement mis en place, les positions restent donc contrastées au sein de la classe politique.

Deux fronts pour une même équation

Entre les négociations extérieures et le dialogue intérieur, la RDC se retrouve face à une double exigence : faire avancer les mécanismes diplomatiques destinés à mettre fin à la guerre et trouver, à l’intérieur du pays, un espace de convergence sur les grandes questions nationales.

Le message de la MONUSCO devant le Conseil de sécurité repose ainsi sur deux appels parallèles : maintenir l’engagement dans les processus de Washington, de Doha et de l’Union africaine, mais aussi créer les conditions d’un dialogue national suffisamment inclusif pour permettre aux Congolais de rechercher un consensus sur leur avenir institutionnel.

Dans un pays toujours confronté aux conséquences de la guerre dans l’Est, l’enjeu ne se limite donc plus à multiplier les initiatives. Il s’agit désormais de faire en sorte que les engagements politiques et diplomatiques produisent des effets perceptibles sur le terrain et contribuent effectivement à la paix, à la sécurité et à la cohésion nationale.

La rédaction de b-onetv.cd

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