Le Fonds pour la réparation et l’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda en RDC (FRIVAO) traverse une zone de turbulences. Dans un communiqué publié le 28 juillet, la direction de l’institution a annoncé le gel de tous ses comptes bancaires, conséquence d’enquêtes judiciaires et financières en cours.
Selon le document, plusieurs organes de contrôle sont mobilisés, notamment le Parquet général près la Cour de cassation, la Cellule nationale des renseignements financiers (CENAREF), l’Agence de prévention et de lutte contre la corruption (APLC) ainsi que l’Inspection générale des finances (IGF). La direction précise que la reprise des opérations d’indemnisation dépendra de la levée de ce gel, tout en assurant que des démarches sont entreprises pour débloquer la situation.
Le 29 juillet, l’abbé François Mwarabu a été rétabli dans ses fonctions de directeur général, après un an de suspension. Ce retour a entraîné le départ du personnel recruté durant l’intérim, tandis que les agents placés en congé technique en novembre 2024 ont été rappelés.
Cette réhabilitation survient dans un climat tendu, marqué par la publication d’un rapport du mouvement citoyen Filimbi, qui accuse l’ancienne direction intérimaire de mauvaise gestion. Parmi les faits pointés : indemnisations indues, dépenses injustifiées et un million de dollars dépensés pour un documentaire sur la guerre de six jours à Kisangani.
Le dossier du FRIVAO s’entremêle avec une autre affaire politico-judiciaire : celle de l’ancien ministre de la Justice, Constant Mutamba. C’est lui qui avait suspendu Mwarabu en 2024 et transmis son dossier au parquet. Il est désormais poursuivi pour le détournement présumé de 19 millions de dollars destinés à la construction d’une prison à Kisangani, prélevés sur les fonds du FRIVAO.
Alors que l’institution est paralysée, des milliers de victimes attendent toujours les compensations financières promises par l’État congolais à la suite de l’arrêt de la Cour internationale de justice de 2022 condamnant l’Ouganda. La suite de l’enquête déterminera si le gel des comptes est un simple contretemps administratif ou le prélude à un scandale financier d’ampleur.


