L’Union africaine (UA) met en garde contre toute initiative susceptible d’aggraver la crise sécuritaire en République démocratique du Congo. Dans un communiqué signé le 19 octobre 2026, le président de la Commission de l’organisation continentale, Mahmoud Ali Youssouf, exhorte les acteurs politiques et les parties concernées à privilégier les voies pacifiques, à faire preuve de retenue et à préserver les perspectives de dialogue et de réconciliation nationale.
Cet appel intervient dans un climat politique et sécuritaire marqué par la création du Front pour la refondation de la nation (FRN), une nouvelle structure politico-militaire associée à l’ancien président Joseph Kabila et présentée comme prenant le relais de l’AFC/M23. Ce mouvement armé contrôle de vastes portions des territoires dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Face à ces recompositions, l’Union africaine salue les efforts du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo en faveur du dialogue. Elle insiste sur la nécessité de préserver les acquis des processus diplomatiques de Doha et de Washington, de respecter les engagements pris, de maintenir le cessez-le-feu et de garantir la protection des populations civiles.
Kinshasa, de son côté, affirme maintenir son engagement dans ces deux cadres de négociation. Le processus de Doha prévoit notamment des discussions avec l’AFC/M23, tandis que celui de Washington vise, entre autres, à régler les différends entre la RDC et le Rwanda. Réagissant à la création du FRN sur le réseau social X, le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, a rappelé la position du gouvernement congolais : « Quelle que soit sa dénomination, ce groupe armé est appelé à disparaître au terme du processus de Doha. »
Au-delà de la situation congolaise, l’organisation continentale réaffirme son opposition aux changements anticonstitutionnels de gouvernement, notamment à la prise du pouvoir par la force et au renversement des institutions démocratiquement établies. Elle rappelle son attachement aux principes consacrés par son Acte constitutif, la Déclaration de Lomé de 2000 et la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance.
À travers cette mise en garde, l’Union africaine appelle les différents protagonistes à éviter toute escalade susceptible de fragiliser davantage la situation. Alors que les initiatives diplomatiques se poursuivent, l’enjeu reste de faire prévaloir le dialogue sur la confrontation et de créer les conditions d’une paix durable dans l’est de la RDC.
Emille Kayomba


