Dans son adresse à la nation congolaise de ce 31 décembre 2025, Martin Fayulu, président de l’ECiDé, a dressé un bilan sans concession de l’état de la République démocratique du Congo. Au cœur de son discours, une critique virulente des engagements pris récemment à l’international, particulièrement les accords de Washington.
L’accord de Washington : une « souveraineté menacée »
Martin Fayulu a exprimé sa vive opposition aux accords signés le 4 décembre 2025 à Washington. Selon lui, ces textes engagent l’avenir du pays de manière illégitime. Manque de transparence criant puisqu’il qualifie ces accords d’« opaques » et dénonce le fait qu’ils aient été conclus sans débat national préalable.
Absence de consentement car pour le leader de l’opposition, ces décisions ont été prises « sans le peuple » et sans son consentement, affirmant que le Congo ne peut être traité comme une « propriété privée ». Il considère que ces engagements, pris à l’étranger, constituent une menace directe pour la souveraineté nationale de la RDC.
Un constat de crise profonde
L’opposant a rappelé la gravité de la situation sécuritaire et sociale, notant que plus de 8 millions de Congolais sont déplacés sur leur propre sol. Il a réitéré que la crise actuelle est le fruit de l’échec du « compromis politique » de 2018 entre Joseph Kabila et Félix Tshisekedi, une alliance qui n’a produit, selon lui, ni paix ni stabilité.
L’exigence d’un dialogue national inclusif
Face à ce qu’il nomme les « choix politiques irresponsables » et la « convoitise étrangère », Martin Fayulu propose une issue unique : le Dialogue National Inclusif. Il le présente comme une « nécessité vitale » pour sortir de l’impasse. Pour lui, refuser ce dialogue revient à assumer la responsabilité de la prolongation de la crise. Il exige l’application de la résolution 2773 des Nations Unies et une condamnation ferme du Rwanda pour les crimes commis sur le sol congolais.
Appel à la jeunesse
Martin Fayulu a lancé un appel vibrant à la jeunesse congolaise pour qu’elle refuse le tribalisme et la corruption. Il exhorte les jeunes à se lever pour exiger un leadership responsable et la convocation immédiate du dialogue national, rappelant son propre engagement lors de la marche du 16 février 1992 pour la démocratie. Pour 2026, son vœu est celui d’un « réveil de la conscience nationale » pour une dignité retrouvée.
Danny Ngubaa Yambushi


