La récente information sur la réouverture des frontières de Bunagana et Ishasha, entre l’Ouganda et la RDC, suscite étonnement et interrogations du côté congolais. Face à cette situation, le gouverneur militaire du Nord-Kivu, le général-major Eva Kakule Somo, a convoqué le consul résident de l’Ouganda à Beni, Isingoma Kusemererwa, pour obtenir des explications officielles.

Lors de l’entretien tenu à Beni, l’autorité provinciale a exprimé sa préoccupation concernant cette mesure qui, si elle est avérée, serait jugée inacceptable par Kinshasa. Pour le gouverneur, cette décision unilatérale entre en contradiction avec la coopération sécuritaire en cours entre les deux pays, notamment la mutualisation des forces contre les groupes armés et le terrorisme dans la région.
De son côté, le consul ougandais Isingoma Kusemererwa a affirmé ne pas être informé d’une telle décision de son gouvernement, précisant avoir lui aussi découvert l’information sur les réseaux sociaux. « Les relations entre nos deux pays sont excellentes. Je ne suis au courant d’aucune décision officielle concernant une réouverture des frontières. Il faut se méfier des rumeurs circulant sur les médias sociaux », a-t-il déclaré.

Pour appuyer ses propos et rassurer les autorités congolaises, le consul a assuré qu’une communication officielle sera faite par son gouvernement en temps voulu. « L’Ouganda ne reconnaît qu’un seul gouvernement, celui de Kinshasa, et une seule autorité provinciale au Nord-Kivu, installée à Beni. C’est pour cette raison que je suis ici, afin de représenter les intérêts de mon pays en toute légalité », a-t-il ajouté, selon les propos relayés par Coulisse Info.
Cette situation intervient dans un contexte particulièrement tendu, où les populations de l’Est de la RDC redoutent toute manœuvre susceptible d’encourager les incursions ou collaborations indirectes avec des groupes rebelles. La réouverture sans coordination officielle des postes frontaliers stratégiques tels que Bunagana — sous occupation du M23 — reste une source de crispation majeure.

Les autorités congolaises, en attente d’un éclaircissement formel de la part de Kampala, appellent à la transparence diplomatique dans le respect des accords bilatéraux et du processus de paix en cours.
Elrick Elesse


